tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel, mais il faut savoir choisir ses fabulations et éviter les hallucinations.

jeudi, avril 18, 2013

La singularité ou le mur du futur : une fabulation ingénue


Cette «singularité» ou «mur du futur», dont on nous parle si volontiers, n'est qu'un fantasme ingénu, qui ne correspond à rien de raisonnablement prévisible par rapport à notre évolution humaine. La singularité a du sens lorsqu'on s'aventure dans la métaphysique mathématique. Elle est amusante et même stimulante en science fiction. Mais lorsque les gourous américains nous l'annoncent pour bientôt et misent sur elle pour rêver de révolution anthropologique et d'un nouvel écosystème régi par l'intelligence artificielle, ils démontrent  leur naïveté fabulatoire, si non leur escroquerie intellectuelle. 
Autant nous affirmer que demain nous vivrons dans des écrans cathodiques, ou que nous serons des petits pois intelligents. et que ce sera un progrès fantastique. Pire, cela relève de la plus stupide barbarie. Ce posthumanisme, qu'ils voient comme un aboutissement infiniment désirable de notre évolution, constitue un antihumanisme fondamentaliste et primaire. Pourquoi les humains tendent-ils toujours, au cours de leur évolution,  à renoncer à leur liberté, leur responsabilité et leur intelligence, pour déléguer ces valeurs humaines à des puissances qu'ils déclarent supérieures et qui les aliènent: le providentialisme de la Nature, puis de Dieu, et aujourd'hui de l'Intelligence artificielle? Pourquoi ne veulent-ils pas assumer leur propre autonomie et créativité?
Il faut savoir tuer la Mère et le Père et toutes leurs déclinaisons, si nous en faisons des forces surhumaines et voulons nous agenouiller devant, pour éviter d'assumer notre liberté. Ne devenons-nous jamais adultes?

samedi, avril 06, 2013

Mythanalyse du numérique


LE LIEN MULTIMÉDIA, 29 mars 2013
Par Matthieu Dessureault

HERVÉ FISCHER, l’optimiste de la révolution numérique


Très actif sur Twitter, l’auteur et philosophe Hervé Fischer voit en cette plateforme un lieu propice à la « conscience augmentée ». C’est ce qui ressort d’une conférence sur la mythanalyse numérique à laquelle a assisté le LIEN MULTIMÉDIA le 26 mars (une conférence organisée par l’Université Laval au Cercle, à Québec).
Les portables, les téléphones cellulaires et les tablettes sont omniprésents et permettent d’interagir en temps réel sur les réseaux sociaux. Pour Hervé Fischer nous passons de l’âge du feu à l’ère du numérique. Avec ces bouleversements vient une responsabilité sociale. On ne peut plus, selon lui, ignorer ce qui se passe autour de nous, notamment les conflits internationaux. La technologie permet d’abolir les frontières géographiques et de s’ouvrir sur monde. « Aujourd’hui, grâce au numérique, nous avons une conscience planétaire, soutient-il. Cette conscience crée en nous un sentiment d’indignation et de responsabilité, ce désir de vouloir changer le monde, qui est un scandale permanent ».
Il ajoute que les technologies numériques ont une valeur d’ « hyperhumanisme ». Avec la conscience augmentée vient une volonté de changer les choses.  Il est néanmoins difficile de garder une part d’optimisme face aux horreurs du quotidien. « Après la Shoah et les génocides, le scandale humain continue tous les jours, affirme Hervé Fischer. Toute personne intelligente et réaliste est nécessairement pessimiste.  Il faut vraiment être idiot pour être optimiste. Mais moi, je suis idiot et optimiste! »
Bien que les possibilités qu’offre Twitter soient nombreuses, pour l’instant le philosophe reconnaît que la majorité de ce qu’on y retrouve est d’une vacuité totale. Il compare d’ailleurs l’action de gazouiller à celle de fumer une cigarette. « Dans les deux cas, c’est un geste d’échanges sociaux, dit-il. On ne fait que de la fumée, mais on a le sentiment que cette fumée nous relit au corps social. Cela devient un manque quand on est seul. Il y a une sorte de nicotine numérique dans le tweet. C’est un message que l’on envoie aux autres pour leur dire : je suis là, j’existe, j’espère que vous allez me lire et me citer ».

mardi, mars 12, 2013

peinture mythanalytique


                   L'agneau-loup, 2013, peinture acrylique sur toile

L'agneau et le loup forment un couple référentiel du bestiaire onirique. Ils sont dans nos fables et dans nos rêves. Venu du temps des bergers gardiens de moutons dans les landes, ce couple symbolise la méchanceté des puissants contre l'innocence désarmée des faibles. Un symbole de la vie animale et rurale, mais aussi des sociétés humaines en général. Et ce n'est pas tout: cette violence injuste sévit aussi depuis toujours sur les autels des religions,où l'on a plus sacrifié d'agneaux que de loups. Il est vrai que la viande de loup a moins bonne réputation que celle de l'agneau ou du mouton.
Ces projection des relations humaines dans le monde des animaux trouve son pendant symétrique dans le monde des dieux. Non seulement les hommes donnent tout autant écho à leurs désirs, passions, jalousies, vengeances, trahisons, ruses, soumissions et peurs dans les figures des dieux de l'Olympe. Mais ceux-ci eux-mêmes s'incarnent occasionnellement dans des animaux, cygne, taureau, cheval, etc., lorsque les circonstances ou leurs passions les y incitent.
Les incarnations divines et animales des hommes sont un grand sujet de réflexion. Les rapports entre les hommes et les figures animales (le serpent, le crocodile, l'aigle, la colombe, la baleine, etc. dans d'autres mythologies) relèvent tout autant de la mythanalyse que leurs rapports avec les dieux, et que les rapports de ceux-ci, évidemment, avec les animaux.
J'ai déjà mis en scène Le mythomane, pianotant pour évoquer les mythes de Prométhée et du Diable. J'aborde ainsi ce que j'appelle une peinture mythanalytique, dont voici un autre exemple, et que je me propose d'explorer davantage dans une prochaine étape de mon travail.

samedi, mars 09, 2013

Le repos du seigneur

Un fauteuil a été préparé pour inviter le Christ à descendre de sa croix se reposer un peu de temps en temps (église de Playa del Carmen, Mexique, Yucatan).

mercredi, février 27, 2013

La conscience augmentée - débat



            Clavardage, 2013, peinture acrylique sur toile, 132x180cm

On m'oppose que le concept de «conscience augmentée» serait un concept imprécis, ne désignant qu'une simple perception. Or c'est un concept-image, aussi légitime que ceux de réalité augmentée ou d'intelligence connective, ou d'espace virtuel. La conscience augmentée est générée par l'augmentation des informations que nous recevons et notre appartenance à des réseaux sociaux planétaires. Elle augmente avec la quantité, la simultanéité, la diversité des hyperliens au carrefour desquels nous nous situons désormais. Il n'est plus possible d'ignorer ce qui se passe sur la planète de bien et de mal, l'écologie, l'économie, la culture, la politique. Nous ne sommes plus des silos, des monades sans porte ni fenêtre, comme disait Leibniz. Nous partageons la conscience de l'Humanité, comme l'écologie devient globale et dépend de modifications mondiales.

mardi, février 26, 2013

Icônes de notre temps

                                           Code-barre qui se fait ou se défait, 2010, peinture acrylique sur toile,

Il y a plus de codes-barres aujourd'hui en une seule seconde sur la planète qu'il n'y a eu de crucifix et autres croix religieuses depuis bientôt 2000 ans.
Nous avons changé d'image du monde, de valeurs et de mythes.

jeudi, février 21, 2013

Le mythomane


   Prométhée, le Diable et le mythomane, peinture acrylique sur toile, 2013, 130 x182cm

Pianoter pour évoquer la rencontre gréco-biblique de Prométhée agitant la boîte de Pandore et du Serpent ondulant pour présenter la pomme diabolique. Les deux mythes fondateurs et opposés de l'Occident. Nous voilà au coeur de cette peinture mythanalytique que j'entends explorer. J'y songe depuis le tournant des années 1980. J'avais déjà abordé le thème des liens entre art et mythanalyse en conclusion de mon livre L'Histoire de l'art est terminée (1981, Balland, Paris).

mardi, février 19, 2013

mythes actuels



Il y a plus de temples aujourd'hui - églises, synagogues, mosquées, etc. - qu'il n'y  en avait à l'époque des Grecs ou des Romains.

lundi, février 18, 2013

Conscience augmentée (2)

Quel que soit l’impact fulgurant de la nouvelle technoscience sur notre évolution récente, je dirai que notre avenir ne dépend plus tellement de nos futures innovations technologiques : nous sommes assurés qu’il y en aura beaucoup, des spectaculaires, quasiment magiques, qui changeront nos vie quotidiennes. Mais pour garder le contrôle sur notre avenir, face à une technologie instrumentale qui progresse exponentiellement et dépasse les capacités de notre conscience actuelle, ou de notre sagesse humaine, qui, elle, n’a guère progressé depuis le néolithique jusqu’à aujourd’hui, pour ne pas hâter le pas vers notre propre autodestruction, avec nos moyens technologiques inédits, il va être nécessaire, une fois de plus, de nous engager davantage dans cette grande divergence de l’éthique que j’ai déjà soulignée. C’est la plus difficile, certainement, de toutes les divergences que nous avons inventées. Mais le progrès de notre éthique planétaire sera fondamentalement beaucoup plus déterminant que celui de nos technologies. C’est d’elle que dépendra désormais principalement notre évolution, et même sans doute notre survie.
Le paradoxe, c'est que cette technologie numérique que nous avons inventée et que nous développons tous les jours selon un rythme effréné n'est plus une technologie comme les précédentes. Elle n’est basée que sur un code binaire trivial – 1/0, et pourtant elle implique aussi une révolution cérébrale, une mutation éthique de l'être humain, afin que nous soyons capables d'assumer raisonnablement notre nouveau pouvoir exorbitant sans nous détruire nous-mêmes et avec nous la planète. Cette technologie numérique exige une responsabilité numérique, celle de l'hyperhumanisme. Pour que l'anthropocène numérique ne soit pas la dernière période de notre évolution terrestre, il va falloir que notre cerveau se transforme. La technologie nous oblige à instaurer une éthique à proprement parler planétaire.
Serons-nous capables d’évoluer dans ce sens ? Par quelle mutation de notre cerveau reptilien y parviendrons-nous ? L’« intelligence connective » que développe le numérique au niveau planétaire y contribuera certainement : plus d’information, en temps réel, crée plus de conscience, plus d’exigence, plus de sens de nos responsabilités. Mais la dysfonction actuelle évidente entre notre cerveau et notre pouvoir instrumental de création et de destruction constitue le grand défi de l’Âge du numérique. Et il faudra que cette conscience grandissante ait le pouvoir de changer nos connections neuronales.  Il faudra que nos idées modifient notre propre physiologie humaine. Ce ne sera pas la première fois, certes, à en juger par la rapidité et la divergence de l’évolution de notre espèce en comparaison des autres. Et nous savons aujourd’hui que contrairement à ce que nous avons longtemps cru, les cellules neuronales continuent à se renouveler pendant toute notre vie. Nous avons découvert que le cerveau est étonnamment plastique, et que ses cellules sont beaucoup plus polyvalentes que ce qu’on affirmait. Elles peuvent s’adapter et prendre la relève des fonctions d’autres cellules détruites par un accident. Bref, le cerveau est capable d’évoluer rapidement. Déjà les neurologues admettent que la quantité de matière grise est influencée par des processus sociaux. En outre, selon un article de la revue Neuron publié en 2012, Ernst Fehr et des chercheurs de l’Université de Zürich ont démontré qu’il existe un lien statistique évident entre l’altruisme et l’anatomie du cerveau humain. Il s’agit d’une zone du cerveau située entre le lobe pariétal et le lobe temporal qui deviendrait très active au moment d’un geste altruiste et dont le volume serait plus important chez les sujets qui y sont enclins. Autrement dit, l’altruisme serait lié à une augmentation de l’intelligence, qui se traduirait anatomiquement par le volume de cette zone cérébrale spécifiquement liée à l’empathie. On voudrait que la bosse de l’empathie se répande plus chez l’être humain que la bosse des maths !


dimanche, février 17, 2013

La conscience augmentée (1)


Le numérique, comme Janus, a deux visages : celui de la puissance, mais aussi celui de la solidarité humaine Nous vivons de plus en plus sur une planète hyper. De même que nous parlons de «réalité augmentée» pour désigner les médias enrichis qui lient grâce aux réseaux numériques des images ou la captation de sites touristiques à des informations historiques, biographiques, scientifiques, etc., de même nous pouvons appeler «conscience augmentée» cette connaissance de plus en plus englobante et immédiate que nous donne l’information planétaire sur le web. C’est ainsi que nous nous engageons dans des campagnes en faveur des équilibres écologiques à respecter de l’autre côté de la planète tout autant que dans notre cour. Cette globalisation de la conscience, c’est aussi celle de l’économie et de la spéculation financière ; c’est celle du commerce international, de la santé publique, de la sécurité alimentaire,  de l’aventure scientifique et spatiale. Et la conscience que nous avons sans cesse, de tous les évènements qui bousculent les sociétés, de tous les scandales qui surgissent sans cesse sur notre globe terrestre, créent en nous une exigence éthique de dénoncer les criminels, de sanctionner, de légiférer, d’intervenir pour secourir les hommes qui souffrent de calamités naturelles, de désastres des guerres, de violences. Nous avons créé les agences des Nations Unies, une cour de justice internationale, nous oeuvrons pour la coopération Nord-Sud, Sud-Sud, des organisations humanitaires «sans frontières». Cette conscience augmentée, c’est celle des liens, celle de notre appartenance non plus seulement à une famille, à un groupe social, à une nation, mais de façon inclusive à l’humanité, à l’humanité entière, par-delà les diversités, les conflits, les déchirements, les violences. Nous allons redécouvrir de plus en plus l’importance fondamentale, fondatrice, des liens de solidarité, comme une morale qui prend pouvoir de contrepoison politique face à l’anonymat dangereux des masses, aux manipulations et aux fascismes qui peuvent en résulter, comme l’histoire récente et l’expérience quotidienne nous le démontrent. Nous allons redécouvrir le sens de la morale confucéenne, celle des liens sociaux, qui fait écho aux liens des idéogrammes. Nous prendrons ainsi conscience de la nécessité d’une éthique planétaire. Une éthique qui est la base de l’hyperhumanisme auquel nous aspirons et qui deviendra plus importante que la technoscience elle-même comme moteur d’évolution de notre espèce – et sans doute même pour sauver notre planète et notre espèce de l’autodestruction. Je n’ai pas de doute que la technoscience va poursuivre glorieusement son accélération, selon sa propre logique de compétition intellectuelle, commerciale et politique. Je n’ai donc pas d’inquiétude pour elle et il n’y a pas lieu de la défendre. Il n’en est pas de même de la morale planétaire, qui a tant de mal à s’imposer dans les esprits. Et si nous avons appris l’importance de contrôler démocratiquement et de contester les abus de pouvoir de ceux qui nous gouvernent, nous prenons aussi conscience de la nécessité de soutenir des institutions planétaires, notamment celles des Nations-Unies, qui peuvent nous permettre d’établir une meilleure gouvernance internationale. Nous appuierons de plus en plus vigoureusement les organismes humanitaires qui mettent en œuvre nos exigences de solidarité. Bref, nous militerons de plus en plus activement pour une éthique planétaire qui cible notre salut collectif par le respect des liens qui nous unissent chacun à chacun, par-delà les différences culturelles et identitaires. L’internet est un puissant outil de réseautage planétaire, d’éducation, et de développement. Il a permis aux organisations humanitaires d’augmenter spectaculairement leur capacité à promouvoir les droits de l’homme, à dénoncer les violences humaines, à sauver des vies face à la barbarie de certaines coutumes et gouvernements. L’internet joue un rôle stratégique en faveur de l’information internationale, qui est une condition essentielle d’un meilleur respect mutuel. Ce fut une vertu de Wikileaks de permettre la démystification des hypocrisies gouvernementales. En ce sens, le web n’est pas qu’un instrument, ni seulement une métaphore pour penser le monde. Il devient aussi un laboratoire populaire, partagé, d’informations, d’échanges, de solidarités, de conscience et d’innovation. La planète devient un hypertexte. Les technologies numériques resserrent nos liens mutuels, favorisent nos compréhensions réciproques. En évoquant une planète hyper, je dis hyper tout à la fois pour souligner l’augmentation de la conscience humaniste dont nous avons besoin et pour reconnaître l’importance des hyperliens comme structures mentales, psychiques, cognitives et sociales de notre espèce.
L’internet fait émerger de nouveaux comportements humains. Il favorise la diversité culturelle, les échanges interculturels, l’accès aux bibliothèques publiques et à la culture. Bien sûr, il y a aussi des usages humains criminels de l’internet. Mais globalement le numérique est un outil stratégique de progrès humain et de paix. Voilà une technologie binaire, qu’on pourrait qualifier de triviale, et qui constitue pourtant une divergence majeure en soi ; plus encore : constitutive de notre «conscience augmentée», que nous partageons comme membres de la même humanité, elle devient un outil de progrès humain et finalement d’hyperhumanisme. En ce sens, e-Confucius devient le symbole de notre e-planète, notre hyperplanète.

mercredi, décembre 26, 2012

Le peintre mythanalyste


Pulsions roses, peinture cathodique, 2012

Guerre et sexe semblent se mêler quotidiennement dans les guerres moyen-orientales et africaines de notre époque plus que jamais. Ces pulsions agressives de vie et de mort résistent à l'idéal de la modernité, donnant raison à Michel Maffesoli, comme si le fond archaïque du ça social revenait à la surface de notre fatalité postmoderne *.
Abordant en 2012 les codes de couleur saturée de la société actuelle dans une série de peintures que j'ai appelées "chromos",  je peux m'aventurer maintenant dans un déchiffrage plus diversifié des imaginaires sociaux que je ne l'ai fait jusqu'à présent, alors que je peignais les icônes du numérique. Cette peinture mythanalytique va explorer nos mythes actuels et, bien entendu, leur résonance dans l'inconscient individuel. La peinture offre des voies de révélation intuitives qui s'arriment à l'analyse conceptuelle, l'élargissent, la nourrissent et en renforcent la vertu thérapeutique que j'attribue à la mythanalyse, et qui passe non pas par le divan, mais par la toile.
C'est pour moi une nouvelle étape dans un cheminement qui a pris cinq dizaines d'années, qui est passé, depuis 1970, par la déchirure et l'hygiène de l'art, l'art sociologique, les signalisations imaginaires, la Pharmacie Fischer, le bureau d'identité imaginaire, le développement du concept de mythanalyse, abordé dans le dernier chapitre de "L'Histoire de l'art est terminée".
Une réflexion théorique publiée en 2000: "Mythanalyse du futur" et poursuivie dans une série de livres portant sur l'imaginaire du numérique : "Le choc du numérique", "CyberProméthée", "La planète hyper", élargie avec "Nous serons des dieux", "La société sur le divan", "Québec imaginaire et Canada réel". D'autres livres vont paraître, qui attendent chez l'éditeur.
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* Michel Maffesoli, Homo eroticus, CNRS éditions, 2012

vendredi, octobre 12, 2012

Toute société a besoin d'un père ou d'une mère


Toute société a besoin d'un chef de famille, de clan, de tribu, ou des masses. Dans les démocraties on sacrifie aussi à cette apparente nécessité. La différence est qu'on l'élit pour un mandat" Mais une fois élu, il se comporte comme un monarque, qu'il s'agisse de présidents comme Mitterrand, Hollande, Obama ou Chavez ou de premiers ministres comme Harper, Kirchner, etc.
On n'imagine pas qu'une démocratie puisse en être vraiment une, basée sur l'autogestion par le peuple, ou ne serait-ce que dirigée par un directoire ou un conseil. On soutient même que l'assemblée nationale doit contrôler l'exécutif, mais ne saurait diriger pas le pays, sous peine de tomber dans les imbroglios, les magouilles et l'impuissance d'un régime parlementaire tel que la IVe république française.
Ce constat met en évidence une sorte de loi biologique. Le pouvoir est délégué ou concédé au chef de clan, qui a l'autorité d'un père de famille - ou d'une mère de famille. Quelles que soient les subtilités du droit constitutionnel qui met en oeuvre les énoncé de ce mécanisme, sa légitimité et son fonctionnement, le principe biologique de l'autorité familiale est généralisé. Et il tend inévitablement à mettre en oeuvre un clientélisme.
Faute de quoi on adopterait les fondements de l'anarchisme, qui a été tant et plus théorisé, mais dont l'échec et les dérives semblent inévitables, et bien pires que les abus de pouvoir des monarques démocratiquement élus. Et il est nécessaire, apparemment, pour qu'une société fonctionne correctement, que ce père social ait une légitimité, une autorité et le goût du pouvoir. Y compris une légère tendance à l'arbitraire, faute de quoi on le juge faible et incompétent.
Le carré parental, que nous considérons comme la structure élémentaire de nos imaginaires sociaux, est aussi le modèle sur lequel se construit la pensée politique.

mercredi, octobre 10, 2012

La pathologie des sociétés civilisées.


Dans Malaise dans la civilisation (1929), Freud conclut: En dépit de toutes ces difficultés, on peut s'attendre à ce qu'un jour quelqu'un s'enhardisse à entreprendre dans ce sens la pathologie des sociétés civilisées. 
Suis-je l'un de ceux-là? Oui et non. Et surtout non, car je ne crois pas comme Freud que tous les individus soient des cas pathologiques, ni que toutes les civilisations ou toutes les sociétés soient dévastées par des névroses collectives. Cette noirceur de la vision qui voit des pathologies partout, c'est sans doute celle du thérapeute que ne consultaient que des patients gravement atteints. Mais il y a aussi dans les individus et dans les sociétés des énergies vitales et positives, qui cherchent le progrès et le bonheur, qui sont engagés en faveur d'une éthique individuelle et planétaire qui donne un sens satisfaisant et un équilibre sain à leur vie.
Ce pessimisme profond de Freud peut s'expliquer par sa pratique médicale assidue, par sa culture juive et par les horreurs de la guerre de 1914-18. La  montée du nazisme et la Seconde guerre mondiale semblent lui avoir donné raison. Mais nous misons plutôt sur la normalité que sur la pathologie. Nous sommes plus optimiste que pessimiste. Et la mythanalyse contribue à plus de lucidité démystificatrice, qui nous aide à nous libérer de nos peurs et de nos illusions dangereuses. Elle n'est pas orientée comme la psychanalyse freudienne vers toutes les dépravations et toutes les faiblesses de nos imaginaires sociaux. Elle croit qu'il y a des mythes constructifs autant que des destructifs et qu'il faut savoir choisir son mythe. En ce sens, elle déchiffre les mythes sociaux, dénonce les mythes pervers et expose la valeur positive des mythes sur lesquels nous pouvons construire notre vie collective et notre futur.La psychanalyse freudienne est morbide. La mythanalyse que j'explore est vitale.
(Illustration: Les deux croix, tweetart, 2012).

lundi, octobre 08, 2012

Mythanalyse de la consommation


La consommation masculine satisfait l'Eros. Le sexe, c'est aussi le cordon ombilical? Trois femmes, comme trois parfums de glace, trois saveurs, trois couleurs suaves.

dimanche, octobre 07, 2012

Structure pulsionnelle élémentaire


La mythanalyse repose sur la compréhension du carré parental comme structure élémentaire de l'imaginaire et à sa généralisation comme mode d'"explication de nos comportements individuels et collectifs.
Lorsque nous abordons la théorie des instincts et mettons en scène Eros, Thanatos et Prométhée, nous organisons notre interprétation des comportements humains selon une structure pulsionnelle élémentaire triangulaire. Il ne faut voir, bien sûr, dans ce recours aux métaphores du carré et du triangle qu'une commodité mentale qui repose sur le mode spatial de nos raisonnements.
La question ne se pose pas moins pour autant de comprendre pourquoi nous pensons les relations de cause à effet comme des récits chronologiques qui s'inscrivent dans le temps, et pourquoi nous les structurons dans des relations spatiales. Toute notre pensée est-elle spatio-temporelle? Les structures de l'imaginaire et de l'inconscient le sont-elles aussi? Une analyse à reprendre et "approfondir" (sic).

samedi, octobre 06, 2012

Le robot arraignée

Nos peurs des araignées, des souris, des serpents, des vers... Et la puissance que nous tentons d'obtenir en imitant dans nos robots les habiletés des araignées, des mouches, des rats. Les vers qui dévorent nos disques durs comme des cadavres. Des peurs de la bête. De la bête qui est en nous, de celle qui incarne le mal, de celle où se loge l'esprit de nos morts. Mythanalyse des animaux. Mythanalyse de la bestialité. Mythanalyse des monstres qui nous attendent dans les enfers.

jeudi, octobre 04, 2012

Les superstitions aberrantes de Carl Gustav Jung



Lorsqu'on lit dans le célèbre livre Métamorphoses de l'âme et ses symboles de Jung: Les archétypes sont des éléments structuraux de caractère divin de la psyché; ils possèdent une certaine indépendance et une énergie spécifique grâce à laquelle ils peuvent attirer les contenus de la conscience qui leur conviennent. (page 386, édition de 1967, Librairie de l'université Georg et Cie S.A., Genève), on tombe de sa chaise. Comment un réputé psychanalyste, explorateur de l'inconscient, démystificateur de notre irrationnel collectif, peut-il prétendre que son invention fabulatoire de l'existence d'archétypes qui gouverneraient nos inconscients sont de caractère divin!
Ce genre de théorisation idéaliste et religieuse, qu'on retrouve souvent dans les écrits de Jung, décrédibilisent immédiatement le sérieux de ses recherches. Je préfère la théorisation matérialiste et biologique de Freud, même si son travers à lui a été de vouloir expliquer tout par le sexe et seulement par le sexe. (Il faut bien admettre que le cerveau n'est pas un zizi. Il est même plus gros, il n'est pas totalement et exclusivement obsédé par le sexe...) Chacun son truc. Mais je préfère les explications par le sexe à celles par Dieu.

mercredi, octobre 03, 2012

Mythanalyse du racisme: le bio-imaginaire, ou imaginaire instinctif


Explorer les mécanismes bio-imaginaires du racisme. La peur, la haine de l'autre, parce qu'il a une autre couleur de peau. Il est d'une autre horde. Donc il est dangereux. Un fondement biologique qui déclenche un imaginaire instinctif. L'imaginaire domine le rationnel, comme  toujours. Et comment y remédier dans le cas du racisme.
Quels sont les liens entre biologie et imaginaire? Quelle est la part de l'instinct dans l'imaginaire? Evidemment très grande dans le cas des peurs, qui sont gonflées par des représentations imaginaires. Le racisme est à la fois individuel et social. Comment se développe-t-il, s’institutionnalise-t-il dans les lieux communs de l'imaginaire collectif? Thème de recherche à inscrire en mythanalyse.

mardi, octobre 02, 2012

Mythanalyse de l'érotisme


Un magnifique domaine de recherche et d'écriture. Pour un de ces jours.

lundi, octobre 01, 2012

Mythanalyse de la nourriture


Le plaisir de déguster de belles saveurs. L'importance des fantasmes et des rites dans l'alimentation. Téter le cornet de crème glacée.  Un thème de recherche à explorer, en relation avec le placenta et le cordon ombilical où le fétus puise la vie.  Un instinct fondamental de la vie.

dimanche, septembre 30, 2012

Plaisir pour tous





Toutes les couleurs ont leurs raisons, même celles qui déraisonnent. L.image du monde de la société numérique de consommation nage dans la crème glacée. Cette gamme de couleurs alimentaires suavement saturées appelle au plaisir de la consommation. Couleur chaude de la crème, couleur rafraîchissante du cornet. Couleurs sucrées, couleurs euphorisantes, qui font saliver, couleurs d'un paradis alimentaire qui se mange, qui se suce, qui rafraîchit et fait jouir les papilles. Couleurs fondantes dans la bouche, pas chères, accessibles à tous. Couleurs de la classe moyenne, celle qui dépense beaucoup pour la bouffe, couleurs pas chères populaires, couleurs kitsch qui flattent le mauvais goût.
Couleurs artificielles, celles des colorants chimiques de synthèse, couleurs simulacres (goût de fraise, goût de cerise, saveur de framboise).
Couleurs à profusion de l'abondance de tous les fruits du paradis terrestre.
Et pour ajouter la cerise sur le sunday, oui comme un jour de soleil, couleurs de cornets de crème glacée de forme phallique, qui se sucent délicieusement.

mercredi, septembre 26, 2012

samedi, septembre 22, 2012

vendredi, septembre 21, 2012

Mythanalyse des couleurs


La mode chromatique actuelle, c'est celle du marchand de glace, de ses alignements de bacs de crème de toutes les couleurs, y compris bigarrées. Nous aimons les couleurs saturées qui se mangent en crème glacée. Nous choisissons les couleurs que nous voulons sucer. Comme les bébés portent à leur bouche les hochets de couleur pour les téter. Les couleurs des bonbons nous attirent aussi. Nous aimons les colorants artificiels saturés et sucrés qui se mâchonnent comme des tétines. La victoire de l'estomac sur les yeux. Le monde se mange. Nous sommes immergés dans la société de consommation.

jeudi, septembre 20, 2012

lundi, septembre 17, 2012

samedi, septembre 15, 2012

jeudi, septembre 13, 2012

Le mythe antarctique


Pôle Sud, point géométrique, conceptuel, lien imaginaire avec le cosmos, avec notre origine et notre mort. Vide blanc, silencieux de création et de mort.
(Conférence de septembre 2012 sur La Antartida, Buenos Aires).

jeudi, août 30, 2012

Mitoanalisis polar



Pensar de los polos es tomar conciencia de nuestro vinculo con el cosmos. Los polos son puntos geométricos y simétricos del globo Tierra, y también son cargados de energía magnética en relación con el sistema-mundo. Los polos son conceptuales e imaginarios como el arte mismo y por eso también se relacionan con el mito de la creatividad análogo en la cosmogonía y en la creación artística. 
Los polos y las zonas del Ártico y del Antártico son espacios hostiles evocando el cosmos frio deshumanizado antes del origen del mundo o del fin del mundo. Símbolos fuertes  de los mitos de nacimiento y de muerte. Nos otros entonces deseamos humanizarlos a través de la conquista militar, de la exploración científica o de la intervención artística. En ese último caso de creación en un espacio vacío, blanco y sagrado como el marco de la tela o como la pantalla del museo, el artista inscribe un gesto como de pintura o de corografía, o una performance en relación con el infinito del cosmos. Es una conquista artística, una apropiación del vacío, como de un artista quien pone el pié sobre el suelo de la Luna. 
Los polos y las zonas de hielo son un espacio mítico entre real y virtual, entre origen y fin, entre el vacio y el lleno, en breve un espacio de nacimiento del mundo y del ser humano. Un espacio de toma de consciencia mítica aguda, cuasi existencial. 
Daré una ponencia sobre el tema en la IV Conferencia Arte y Cultura del Antártico en Buenos Aires 55-9 Septiembre 2012 organizada por Andrea Juan.


dimanche, août 12, 2012

Connaissez-vous le drapeau de l'imaginaire?


Qu’est-ce que le virtuel ?


Dans la peinture romane, la troisième dimension était l'ailleurs divin qu’évoquaient les auréoles dorées des icônes et la lumière bleutée des vitraux. Il ne s'agissait que d'une convention théologico-picturale, mais qui avait acquis un pouvoir évident de suggestion. C’est l’ailleurs qui nous fascinait et nous détournait de la vie matérielle.
Avec la Renaissance, l’humanité occidentale revient ici-bas et invente en même temps le réalisme, l'humanisme et le rationalisme. À partir du Quattrocento, c'est par la perspective euclidienne, que les artistes expriment la profondeur de l'espace terrestre, que désormais les autorités religieuses leur demandent d’évoquer pour humaniser la religion. Cette convention optique géométrique, tout aussi artificielle que la précédente, est complétée par une tendance progressive au réalisme des visages et des objets, par l'invention des ombres (antérieurement l'ombre n'existait pas dans la peinture, si ce n'est pour évoquer le mal et le diable), par la couleur locale (antérieurement les couleurs répondaient à un strict code religieux symbolique), par la dynamique perceptive des couleurs chaudes (qui rapprochent) et froides (qui éloignent), par le bleuté plus flou des lointains (à cause de "l'épaisseur de l’air", disait Leonard de Vinci). 
Aujourd'hui, c'est avec des logiciels que les infographistes construisent l’espace en trois dimensions. Les designers recourent en outre, comme les peintres de la Renaissance, à des astuces, telles que la dynamique de la lumière et des couleurs, les damiers ou les chemins frontaux qui rétrécissent avec l'éloignement. Comme la perspective euclidienne, ce 3D numérique est géométrique et simpliste. L'image demeure frontale et plate sur l'écran, et c’est le maniement de la souris ou de la console - ou sur l'écran tactile directement le doigt – qui augmente fortement notre sensation de manipulation physique de l'espace écranique. Autrement dit, le réalisme de ce 3D est manuel. Il doit autant à notre dynamique musculaire qu’aux algorithmes et au mouvement des polygones. Il est programmatiquement complexe et prétend nous étonner, mais demeure perceptivement pauvre : il ne fait qu’imiter les perceptions ordinaires de nos vies. Il n'y a rien là qu'une tentative banale de réalisme, et même la performance technique ne nous étonnera bientôt plus. Elle se réduira à une convention et à une utilité, comme dans les simulateurs de vol pour la formation des pilotes, dans l'enseignement de la chirurgie, dans la modélisation architecturale ou urbaine des professionnels, etc. On y perd le pouvoir évocateur de l’image, qui relève avant tout de l’imaginaire. Même la peinture à l’huile du cubisme de Gris, Braque ou Picasso suggérait plus que ces logiciels, car elle prenait en compte les paramètres psychologiques essentiels du regard, que souligne aussi la phénoménologie de la perception : l'intention, la mémoire, le désir, la peur, l'attente ou le projet. Nous voyons ce que nous recherchons et ne voyons pas ce qui nous est inutile ou indifférent. Ce qui est puissant dans la représentation de la troisième dimension, c'est ce dont nous avons besoin, ce que nous désirons ou dont nous avons peur.
Le virtuel est beaucoup plus que cet espace en 3D des logiciels, qui demeure trivial dans son imitation du réalisme ou dans sa performance utilitaire. Ce que nous recherchons aujourd'hui dans le virtuel comme jadis dans la religion, c’est moins une augmentation du réalisme que l'accès à un ailleurs, à un imaginaire, qu'il soit magique, religieux ou numérique. En fait, le 3D du numérique réside beaucoup plus dans la lumière bleutée des écrans cathodiques que dans la complexité des logiciels.  Ce 3D est un ailleurs imaginaire, comme celui de la religion, qui nous attire, nous rassure ou nous donne l'illusion d'obtenir des gratifications. Le virtuel est une nouvelle déclinaison numérique de la foi religieuse et de l'idéalisme platonicien.

vendredi, août 10, 2012

Mythanalyse du numérique (2)



Nous allons donc tenter d’explorer les imaginaires sociaux de cet âge du numérique émergent. Nous pensions qu’il s’agissait d’une révolution technologique et scientifique. Mais nous y  redécouvrons les croyances ingénues, les espoirs, les peurs et les émotions des vieux mythes des origines et du futur, que réactive spectaculairement le numérique. Il est paradoxal qu’un code binaire élémentaire, ait réveillé ces vieux mythes de l’humanité, que nous croyions dépassés, ceux de la lumière, de l'unité universelle, de la puissance créatrice humaine (CyberProméthée), ou ceux, aussi futuristes et spirituels, de la noosphère teilhardienne et de son point Omega d'achèvement de notre évolution.
La mythanalyse embrasse bien sûr beaucoup plus que le numérique, mais le numérique s'offre à nous comme un champ d'analyse étonnamment significatif et démonstratif de notre thèse. Nous nous croyons « modernes » et libérés des « superstitions et autres mythes infantiles ». Nous pensons que le rationalisme nous a permis de nous « démystifier ». Pourtant, nous adhérons aujourd’hui encore, à l’âge du numérique, de la technoscience, et des nanotechnologies, à autant de mythes que les Égyptiens ou les Grecs, et qui demeurent le plus souvent de nouvelles déclinaisons des mêmes croyances archaïques, car les mythes sont d'origine biologique, quelles qu’en soient leurs variations sociales. Mais pas plus que les Égyptiens ou les Grecs nous ne savons que nos croyances actuelles sont mythiques, sans doute parce qu'elles s'expriment autrement, moins selon les figures anthropomorphiques des mythologies anciennes (des dieux et des déesses), mais davantage en puissances abstraites, tels que le Progrès, l’Histoire, la Raison, le Travail, le Futur qui nous ont dominés depuis le XIXe siècle, puis dans les grands acteurs de notre imaginaire technoscientifique, économique et écologique, et plus précisément aujourd’hui dans notre dépendance aux prodiges du numérique.
Et il est tout aussi étonnant que le numérique ait réactivé la pensée magique, ses rituels, des malins génies et des démons, qui semblent réveiller des sorcelleries primitives.

jeudi, juillet 05, 2012

Les nouveaux médias gazéifiés et sucrés comme le coca-cola


Le matérialisme et l’individualisme ne sont pas à la portée de toutes les âmes démunies. On ne sait pas encore apprécier la richesse humaine du matérialisme athée. On lui préfère l’aliénation et les illusions de la pensée irrationnelle, les promesses des religions, la réactivation des mythes archaïques. L’effet de balancier s’est donc fait sentir et nous assistons  à un retour compensatoire vers un psychisme collectif qu’on croyait avoir démystifié définitivement.
L’âge du numérique se prête à cette réactivation de l’élan social pour l’immatériel, l’irrationnel, le primitif, la religion, le communautarisme, le tribalisme, les croyances dans des ailleurs plus gratifiants. Le numérique décline toutes les facettes de l’empire du psychisme, et notamment cet agglutinement humain des masses sur les réseaux sociaux. On aime les nouveaux médias gazéifiés et sucrés comme le coca-cola, qui nous réintègrent à la masse. Notre époque ne délaisse pas les plaisirs de la consommation matérielle, mais elle est désormais attirée tout autant par les douceurs d’un psychisme de masse qui nous donne l’illusion d’échapper aux résistances du réel  pour nous retrouver ensemble dans un ailleurs euphorisant.

mercredi, juillet 04, 2012

cyber néo primitif




L’homme du numérique ne frotte plus deux cailloux pour faire jaillir une étincelle et allumer un feu. Il a en main un silex intelligent dont jaillit l’information. Avec cet ordinateur miniaturisé, il téléphone, il se connecte à l’internet, gère et joue. En un mot, nous sommes passés de l’âge du feu à l’âge du numérique.
Étions-nous à ce point blasés de la grande épopée de l’énergie, du vent, de l’eau, du feu, du soleil, de l’électricité, du nucléaire ? Comment cette révolution anthropologique a-t-elle pu être tout à la fois si douce, si subite et si puissante ? Notre évolution humaine, une fois de plus, a basculé vers de nouvelles idées, de nouveaux projets, de nouvelles aventures. Nous migrons vers un ailleurs virtuel. L’Âge du numérique met un terme à la crise de la postmodernité et ouvre la voie à une nouvelle aventure de l’humanité, sous le signe de la divergence et de la création, avec les enjeux fabuleux, les excitations et les risques qu’implique cette liberté. Mais ce qui explique le succès quasi immédiat du numérique, c’est qu’il réactive en fait nos mythes les plus archaïques et répond à notre irrépressible fascination pour la pensée magique.

dimanche, juillet 01, 2012

Notre prochain grand mythe fondateur

Notre prochain grand mythe fondateur, le réel nouveau qui s’imposera à nous, qui va nous revenir en plein visage après que nous ayons laissé aller notre planète à un scandale moral permanent, sera celui de l’éthique planétaire. Nous en percevons déjà les signes avant-coureurs dans la conscience émergeante de beaucoup d’hommes de diverses cultures. Et malgré les ironies que cette idée  suscite aujourd’hui de la part des réalistes durs et linéaires, malgré son caractère aujourd’hui encore utopique, et l’aveuglement qu’elle rencontre, je crois que sa logique, sa puissance d’évidence et notre nouvelle sensibilité humaine reconfigureront en ce sens notre vouloir-monde. Un sens hyperhumaniste. Hyper pour plus d’humanisme, et pour les hyperliens humains qui, malgré tous les obstacles, tisseront le futur. Sisyphe réussira à donner la plénitude de son sens humain à l’aventure hasardeuse de Prométhée.

samedi, juin 30, 2012

mythanalyse de la divergence (2)


Mythanalyse et divergence: deux concepts sur lesquels je travaille intensivement. J'ai déjà abordé leur articulation, mais Il faudra bien que je développe davantage cette analyse. Bien sûr, la mythanalyse est une divergence par rapport à la psychanalyse et à la sociologie. Mais que serait une mythanalyse de cette rébellion, de cette rupture, de ce projet alternatif qu'est la divergence? Une réflexion à mener, pour moi incontournable.Qu'est-ce que ce rejet de l'autorité? Comment la comparer avec la dialectique? La divergence est une brisure de la pensée linéaire. Comment la rapprocher de la pensée en arabesque? 

vendredi, juin 29, 2012

mythanalyse du numérique (2)




Nous allons donc tenter d’explorer les imaginaires sociaux de cet âge du numérique émergent. Nous pensions qu’il s’agissait d’une révolution technologique et scientifique. Mais nous y  redécouvrons les croyances ingénues, les espoirs, les peurs et les émotions des vieux mythes des origines et du futur, que réactive spectaculairement le numérique. Il est paradoxal qu’un code binaire élémentaire, ait réveillé ces vieux mythes de l’humanité, que nous croyions dépassés, ceux de la lumière, de l'unité universelle, de la puissance créatrice humaine (CyberProméthée), ou ceux, aussi futuristes et spirituels, de la noosphère teilhardienne et de son point Omega d'achèvement de notre évolution.
La mythanalyse embrasse bien sûr beaucoup plus que le numérique, mais le numérique s'offre à nous comme un champ d'analyse étonnamment significatif et démonstratif de notre thèse. Nous nous croyons « modernes » et libérés des « superstitions et autres mythes infantiles ». Nous pensons que le rationalisme nous a permis de nous « démystifier ». Pourtant, nous adhérons aujourd’hui encore, à l’âge du numérique, de la technoscience, et des nanotechnologies, à autant de mythes que les Égyptiens ou les Grecs, et qui demeurent le plus souvent de nouvelles déclinaisons des mêmes croyances archaïques, car les mythes sont d'origine biologique, quelles qu’en soient leurs variations sociales. Mais pas plus que les Égyptiens ou les Grecs nous ne savons que nos croyances actuelles sont mythiques, sans doute parce qu'elles s'expriment autrement, moins selon les figures anthropomorphiques des mythologies anciennes (des dieux et des déesses), mais davantage en puissances abstraites, tels que le Progrès, l’Histoire, la Raison, le Travail, le Futur qui nous ont dominés depuis le XIXe siècle, puis dans les grands acteurs de notre imaginaire technoscientifique, économique et écologique, et plus précisément aujourd’hui dans notre dépendance aux prodiges du numérique.
Et il est tout aussi étonnant que le numérique ait réactivé la pensée magique, ses rituels. des malins génies et des démons, qui semblent réveiller des sorcelleries primitives.

mardi, juin 26, 2012

La mythanalyse thérapeutique


Devenir conscient que Dieu est un mythe actuel, comme jadis Zeus ou Wotan et opter pour l'athéisme, c'est se libérer personnellement d'un mythologie toxique, aliénatrice, et récupérer sa dynamique vitale.

lundi, juin 25, 2012

Une thérapie mythanalytique est-elle pensable?


Peut-on user de la mythanalyse comme de la psychanalyse ou de la psychologie dans un but de thérapie individuelle? Ou la mythanalyse se limite-t-elle à une science humaine des imaginaires sociaux, une sorte de sociologie théorique des imaginaires collectifs?
A priori la mythanalyse traite des inconscients sociaux et n'a ni compétence, ni méthode, ni expérience dont se prévaloir au niveau individuel. D'ailleurs on rappellera que cela ne s'est jamais fait. La mythanalyse, objectera-t-on encore, à supposer même que ce soit une science humaine, ce que la plupart contestent, ignorant même son existence, ne saurait être une thérapie, pas plus que la sociologie. Ce serait seulement une science d'observation et d'interprétation. 
Pourtant, j'en ai usé pour moi-même et en apprécie aujourd'hui les excellents résultats. Faut-il s'étonner que la mythanalyse puisse avoir un impact individuel alors qu'inversement la théorie psychanalytique met en scène des figures collectives, tels que totem, tabou ou archétypes et en use dans les analyses individuelles? Personne ne soutiendra que l'inconscient personnel est sans relation avec l'inconscient collectif, et réciproquement. Et il serait difficile de nier l'impact des grands mythes, comme Dieu ou le Progrès, et des imaginaires sociaux sur chacun de nous. Cette dimension sociale des inconscients individuels est une évidence que les lacaniens ou les ethnopsychanalystes nous ont appris à prendre en compte. 
Repérer les mythes actuels les plus déterminants d'une société, c'est ce que fait la mythanalyse, et elle intensifie ainsi la conscience sociale des imaginaires sociaux qui nous influencent.. Mais elle ne se limite pas à ce constat. J'ai toujours insisté sur la possibilité supplémentaire qu'elle nous donne d'évaluer les mythes en fonction de leurs effets positifs ou destructeurs. Ainsi, une société postmoderne accuse un grave déficit de croyance en elle-même, qui peut devenir dévastateur collectivement tout aussi bien qu'individuellement. On sait d'expérience qu'une société colonisée ou vaincue tend à s'autodétruire. Elle cultive alors les figures inconscientes de l'échec, de la faiblesse. Cela est arrivé fréquemment et j'en ai encore la mémoire lors des deux échecs référendaires québécois. De même, tout parti politique en fait l'expérience lorsqu'il doit encaisser une cuisante défaite électorale.
La mythanalyse ne peut allonger la société sur le divan, mais elle peut elle aussi créer une prise de conscience salvatrice des forces et des faiblesses de son imaginaire et de ses mythes, voire donner des avertissements ou des conseils d'orientation. Tout le monde le fait tous les jours, notamment en politique et dans tous les débats sociaux. On demandera alors selon quelles valeurs la mythanalyse mènera-t-elle son évaluation et son diagnostic ? La question vaut aussi pour les psychanalystes ou les psychologues. Conformisme, esprit libertaire? Un débat s'impose, certes, mais qui n'est pas plus rédhibitoire pour la mythanalyse que pour la psychanalyse. Toutes deux visent à faire cesser la souffrance et à rétablir un processus vital dynamique. 
Alors quelle méthode adopter en mythanalyse? Le principe d'une thérapie mythanalytique consiste à mener un dialogue avec le patient qui lui fasse prendre conscience des principaux mythes auxquels croit, selon lui, la société avec laquelle il s'identifie - par exemple dieu, ou le futur, la loi du plus fort, le progrès, le libéralisme, le socialisme, le conservatisme, l'amour, la justice, le destin, la fatalité, le travail, la nature, etc. Et pour compléter cette prise de conscience, le mythanalyste lui demandera aussi de nommer les valeurs, mythes ou projets auxquels sa société, selon lui, ne croit pas, par exemple le néolibéraslisme, l'athéisme, la justice sociale, l'indépendance, le sport, le racisme, la guerre, etc. Cette première partie de l'analyse peut être longue et demande de la finesse pour repérer les déclinaisons fines de ces grandes figures mythiques et de leurs attributs.
Dans une deuxième étape, le mythanalyste invitera le patient à évaluer ces mythes, pour les classer comme positifs ou négatifs, porteurs ou destructeurs. Et à se demander en quoi telle ou telle valeur est positive ou négative; par exemple peut-on être réaliste et optimiste à la fois. Le pacifisme implique-t-il une tolérance extrême? Le dialogue aboutira à préciser et évaluer des configurations mythiques meilleures ou périlleuses et à analyser leurs articulations et leurs effets.
La troisième étape visera à faire évaluer par le patient quels sont les mythes collectifs de sa société d'appartenance auxquels il croit lui-même et ceux qu'il rejette. Nous aurons alors un portrait de l'impact de l'inconscient collectif sur l'inconscient individuel du patient.
A partir de ce stade, la thérapie consiste à dialoguer avec le patient pour lui faire prendre conscience de son équation mythanalytique individuelle (identifications et écarts avec les mythes dominants de sa société). Nous découvrirons avec lui quels sont les liens entre ses attitudes personnelles, optimiste, volontariste, défaitiste, fataliste, rebelle, conviviale, etc. et les figures mythiques de sa société d'appartenance. 
En bout de course, le dialogue consistera à faire prendre conscience par le patient du fait qu'il est "sous influence" des mythes identitaires de sa société ou en réaction contre eux . De sorte qu'il lui appartiendra de désigner les mythes qui lui ont fait du mal et ceux qui pourraient lui redonner les énergies vitales dont il a besoin pour restaurer sa volonté-monde positive. 
C'est en apprenant à devenir lui-même mythanalyste que le patient acquiert la capacité de se libérer de mythes toxiques et à adopter des mythes bénéfiques. Bref, le patient élucide des façons de penser et les valeurs sociales qu'elles véhiculent, pour repenser et reconstruire ses valeurs propres. 
Ce n'est ici qu'une première esquisse du cheminement d'une thérapie mythanalytique, telle que j'en ai ai fait l'apprentissage dans ma propre vie pour me libérer de ma névrose d'enfance, individuelle certes, mais surtout familiale et sociale, qui était liée aux imaginaires sociaux dans lesquels je baignais, celui de la guerre, car je suis né à Paris en 1941, mais aussi le dolorisme chrétien de ma mère, le stoïcisme de mon père, la peur du malheur et de la mort qui nous menace sans cesse  comme une épée de Damoclès terriblement présente (du fait d'une grande mortalité dans ma famille). De cette morbidité, je me suis libéré en me confrontant au réel, à mes peurs dans la pratique de l'art sociologique, en consacrant mes efforts de sociologue à développer une compréhension des mythes collectifs, en construisant une théorie de la mythanalyse, et finalement en reniant les mythes qui m'avaient pesé, pour en adopter d'autres, qui me permettaient de me réconcilier avec le monde et avec moi-même. 
Sur ce dernier point, il ne s'agit là aussi que d'une esquisse. Mais je sais que le vouloir-vivre qui était en moi m'a permis de découvrir cette volonté-monde dont je fais aujourd'hui le grand mythe porteur de mon interprétation de l' univers. J'en espère, moi qui étais suicidaire dans mon enfance, de nombreuses années encore à vivre avec le meilleur de ma force vitale Quel retournement! Et je sais maintenant pourquoi j'ai quitté la névrose endémique de la société française à quarante ans pour émigrer au Québec. Je pensais y chercher, comme artiste et sociologue, un autre scénario sociologique, capable de me questionner et de renouveler mes intérêts théoriques. Mais ce que je suis venu surtout y chercher inconsciemment, ce que j'ai trouvé en Amérique du Nord , c'est une autre configuration mythique qui m'a libéré du mal français et m'a permis d'adopter la croyance collective au progrès et au bonheur possibles.
La difficulté d'une analyse, qu'elle soit psychanalytique ou mythanalytique, c'est qu'une partie de la solution consisterait à changer de scénario de vie, celui qui a à l'origine du mal. Si le patient ne change pas de milieu familial ou de configuration mythique, il risque fort de ne pas pouvoir se libérer des causes qui entretiennent son malaise, même s'il en a pris conscience.
Une thérapie mythanalytique est-elle possible?. Une voie me paraît s'ouvrir au niveau théorique et lorsque j'analyse mon propre cheminement, qui ne devrait rien avoir d'exceptionnel.

samedi, juin 23, 2012

Multiplicité des Tours de Babel



Il y a autant de Tours de Babel sur la planète Terre que de centres périphériques. Chacun est une Tour de Babel de nos socialités humaines. Chaque village, chaque bourgade, chaque quartier, chaque ville, chaque capitale, chaque métropole, qu'elle soit de Bolivie ou de Serbie, de Côte d'Ivoire ou d'Ethiopie, d'une province chinoise ou de Birmanie, de New York ou de Paris et de chaque hameau perdu au bout d'un chemin de terre. Un immense réseau de Babel qui devient numérique, connecté en temps réel. Sans centre et sans circonférence. Théoriquement un rhizome. Mais il y a de Tours plus hautes que d'autres, plus cosmopolites que d'autres, plus puissantes que d'autres.

vendredi, juin 22, 2012

Diversité artistique


Le mythe de la Tour de Babel est le mythe fondateur de notre société de l'information et de la diversité linguistique et cultuelle que nous célébrons aujourd'hui dans notre ère post-colonialiste. Cette posture nouvelle, qui nous aide à nous affranchir des impérialismes successivement grec, romain, arabe, européen et américain, vaut aussi pour la diversité des arts. La grande époque de New-York, qui nous a imposé le pop art et l'art conceptuel des années 1960-1970 est terminée. Elle aura duré cinquante ans.
Il nous faut donc aujourd'hui célébrer et consolider le vieux mythe de la Tour de Babel, plus actuel que jamais, et dont l'impérialisme du Vatican  nous a imposé pendant des siècles une interprétation faussée par sa volonté d'hégémonie.

jeudi, juin 21, 2012

mythanalyse interrogative



La mythanalyse n'est pas un système de concepts, mais une pratique de questionnement. Nous ne voulons plus nous limiter à une approche sociologique comme à l'époque où j'avais fondé l'Ecole sociologique interrogative avec le collectif d'art sociologique dans ma cave à Paris. Bien sûr, la sociologie demeure une dimension fondamentale de notre pratique, mais il faut l'élargir aujourd'hui au questionnement philosophique et mythanalytique. Et je sors de ma cave. Je conçois aujourd'hui une école interrogative en ligne.

vendredi, juin 15, 2012

Photographie d'une âme monothéiste

On notera la persistance de la structure résiduelle des acides polynucléiques, qui donne à penser que le monothéisme maintient autour de Dieu une présence familiale, comme dans la mythologie grecoromaine autour de Zeus/Jupiter (Vénus, des fils et filles, des dieux, demi-dieux et héros, de la Pythie, des Gorgones et notamment de Méduse, qu'on retrouve dans le catholicisme sous les figures de la Vierge Marie, du Christ fils de Dieu, du Saint-Esprit, des anges et archanges, des Saints, Saintes et Bienheureux, et même du Diable et des démons pour régner sur les enfers.

jeudi, juin 14, 2012

photographie d'une âme


Qu'est-ce que l'âme? Un fantasme? Une réalité supérieure? Pour répondre à cette question, voici enfin la première photographie connue d'une âme, captée dans un accélérateur mental, au 1/ 000 000e. (Le fichier est numérique et affiché ici en fausses couleurs pour une meilleure visibilité.)
Il s'agit, comme on peut le voir, d'une âme polythéiste. Nous présenterons demain la photographie d'une âme monothéiste.