tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel

mercredi, décembre 31, 2014

LE VIVANT : HISTOIRES – colloque les 7 et 8 janvier 2015, au CNAM de NANTES





Nos sociétés se posent avec acuité la question de leur relation au vivant, dont témoigne à profusion l’importance prise par les thèmes de l’écologie et de la biodiversité, la mise en place de comités d’éthique, la question de la vie (son origine, son évolution) elle-même. Ce rapport au vivant n’est pas dénué de toute dimension imaginaire et mythique.
Qu’en est-il de nos organisations et systèmes éducatifs : éprouvent-ils aujourd’hui le besoin de redonner toute sa place au vivant ? Quand le vivant n’est plus considéré comme une mine à exploiter mais comme un monde de coopération et d‘inspiration métabolique, confrontés que nous sommes aux systèmes de communication de masse et à la société digitale ? Qu’en est-il du vivant, quand se réinvente sous nos yeux notre relation au vivant ? Comme le souligne Yvon Pesqueux, « explorer les mondes inventés par les humains, c’est comprendre que tout monde est une société du risque… que les peurs des hommes sont propres aux mondes qu’ils inventent, que chaque monde a ses peurs ». Quelles logiques sont à l’oeuvre dans l’entreprise, l’université, la culture, lorsque chaque secteur estime ses choix rationnels et ceux des autres mondes irrationnels ?
C’est de cette problématique résolument transdisciplinaire et internationale que devrait rendre compte ce colloque organisé par le Cnam Pays de la Loire et présidé par le professeur Yvon Pesqueux, socio économiste.


Conservatoire National des Arts et Métiers des Pays de la Loire.                                
            Utopia (ONG).
Colloque « Le Vivant : histoires »,
au CNAM de Nantes, 25 boulevard Guy Mollet.
Les 7 et 8 janvier 2015.
Président : Professeur Yvon Pesqueux (CNAM).
Programme.
Mercredi 7 Janvier 2015.
9h : accueil des intervenants et du public. (Amphithéâtre)
9h30 : ouverture officielle par le directeur régional du CNAM, Yannick Lefeuvre, et les représentants des autorités locales et partenaires universitaires.
10h-12h30 : conférences inaugurales.
Yvon Pesqueux,  professeur au CNAM, président du colloque : le cycle de vie et le statut de la métaphore organique.
Martin Aurell, de l’Institut Universitaire de France, professeur à l’Université de  Poitiers directeur des Cahiers de Civilisation médiévale : les vivants et les morts  dans la civilisation médiévale.
Débat.
Déjeuner.
14-18h. Mythes, imaginaire et sacré.
Président des séances: professeur Jean Marie Brohm
14h-15h30. Atelier

Divinisation du vivant et fantasme d’auto-engendrement, François Dingremont, directeur de recherches, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Mythanalyse du vivant, Hervé Fischer, mythanalyste, sociologue de la Culture, Université René Descartes Paris 5.

Le Vivant et  le sacré, Georges Bertin, socio-anthropologue, directeur de recherches au CNAM des Pays de  la Loire.

Débat.
Pause
16h-18h00. Atelier
La mort vive dans le mythe d’Héraklés, Franck Vialle, maître de conférences HDR .en Sciences de l’Education, Université de Pau et laboratoire EXPERICE.

La vie c’est une question d’espacement, Rita di Barnaba, linguiste, Université de La Sapienza- Roma,  Professeure à l’Ecole « Chantemerle », Suisse.

Le devenir objet du vivant et réciproquement, Marianne Celka, Montpellier, sociologue, chercheure au Laboratoire de recherches socio-anthropologiques, Université de Montpellier 3.

Débat.
Visite des expositions et posters.

Buffet convivial.

Jeudi 8 Janvier 2015.

9h-12h30, Histoires ...
Plénière. (Amphithéâtre).
Présentation du Film « Né pour apprendre » d’ Hélène Trocmé-Fabre.
Le Vivant  et nous, Hélène Trocmé-Fabre et la pédagogie du Vivant, ou le langage du vivant, une voie, une voix en sommeil,  Joëlle Aden, professeur des Universités, Université du Maine.
Débat.
Pause.

10h30-12h30, Atelier. (Salle Vincent Merle).
Présidente de séance : professeur  Fiorenza Gamba.
Comprendre la relation au vivant, l’émergence de l’idée d’environnement au 19e siècle, Valérie Chansigaud, historienne de l’environnement, CNRS, UMR 7219, laboratoire SPHERE.
Le vivant dans les sciences contemporaines, d'Alfred North Whitehead à Rupert Sheldrake, de David Bohm à Vandana Shiva. Eléments pour une réactivation de la philosophie de la nature, Mohamed Taleb,  philosophe, professeur à l’Ecole Supérieure en Education sociale (Lausanne).

Les conceptions du vivant chez Simmel et Michel Henry, Jean-Marie Brohm, sociologue, professeur émérite de l’Université de Montpellier 3, directeur de la revue Prétentaine.
Débat.                                                                                   Déjeuner.

Atelier 1
14h-18h, Mutations sociales, images et imageries. (Salle Dubigeon )
Président des séances : professeur Mohamed Taleb (Université de Lausanne)
14h-15h30
La biodiversité du vivant, vers une nouvelle crise ? Patrick Gillet, professeur d’écologie à l'Institut de Biologie et d'Ecologie Appliquée, UCO. Equipe de recherche Mer, Molécules, Santé, EA 2160.
Le vivant et l’artefact : Est-il absurde, pour l’être humain, de chercher à communiquer avec les machines ? Yves CHEVALIER, professeur émérite des universités, Université européenne de Bretagne, Bretagne-Sud.
Le corps et l’imaginaire/animal, milieu du politique, Philippe de Boissezon, chercheur en Sciences de l’Education, Université de Pau, laboratoire EXPERICE.
Débat.
Pause
16h-16h30 : poster de M-C Fave (Ecole vétérinaire):
Vivre avec le monde vivant, animaux et plantes sauvages, des alliés pour l’homme
16h30-18h.
Des quelques formes de permanence numérique du vivant. Réflexions d’anthropologie de l’immortalité. Fiorenza Gamba,  professeure agrégée de Sociologie de la Culture à la Faculté de Sciences « Politiques, Sociologie, Communication » de l’Université Sapienza de Rome.
De la peur à la résilience, Marie Thérèse Neuilly, MCF des Universités à Nantes, expert UNESCO, sociologue.

Peut-on rêver la société autrement qu’en logique normative ? François Simonet, Université de Pau et laboratoire EXPERICE.Fondements des outils de gestion et compréhension du vivant, Denis Lebey, ingénieur CNAM.
Débat.


Atelier 2.
14h-18h La place du vivant : personne et éducation. (Salle Vincent Merle).
Président des séances : Franck Vialle, Université de Pau.

14h-15h30, psychologie, psychanalyse.

Les âges de la vie comme condition du vivant. Régénérations intergénérationnelles, histoires généalogiques et biographiques, âges chronologiques et subjectifs, Christian Heslon, directeur IPSA UCO Angers, psychologue.

La prise du Vivant dans le langage, Rajaa Stitou, MCF- HDR à l'Université Montpellier 3 Psychanalyste, laboratoire LPCLS, Aix Marseille.

Histoire de vie, histoire d’en vie.  Martine Lani Bayle, professeur en Sciences de l’Education à l’Université de Nantes, directrice de la revue Chemins de Formation.

16h-16h30 : poster de M-C Fave (Ecole vétérinaire) :
Vivre avec le monde vivant, animaux et plantes sauvages, des alliés pour l’homme

16h30-18h. Education.
Quelles représentations du vivant dans les programmes scolaires, une comparaison France /Québec, Sandrine de Montgolfier (Université de Créteil), Marie Claude Bernard Université Laval, Québec)), Catherine Simard (Université du Québec à Rimouski), Michèle dell’ Angelo UMR STEF/ENS Cachan).

 Enseignements relatifs au vivant, regards sur les missions des enseignants en France et au Québec, Gishlain Samson (Université du Québec à Trois Rivières), Catherine Simard (Université du Québec à Rimouski), Michèle dell’ Angelo UMR STEF/ENS Cachan).

Conceptualisation du vivant dans l’enseignement de la biologie, Pr Marie-Claude Bernard, Université Laval, Québec.


18h-18h30 : conclusions, Yvon Pesqueux et Georges Bertin. (Amphithéâtre).




LIBRAIRIE.

samedi, décembre 27, 2014

Séminaire Éthiques de la création et mythanalyse: enregistrements vidéo



Chers amis,

Les enregistrements vidéos du séminaire « Ethiques de la création » du 5 décembre dernier sont disponibles. Ils sont en ligne sur le site d’Innovaxiom 

Ces vidéos sont également hébergées sur ma chaîne YouTube http://www.youtube.com/user/HonnoratLh

N’hésitez pas à les diffuser. Leur contenu en intéressera plus d’un. Un grand bravo à Sylvie pour l’organisation ainsi qu’aux brillants intervenants - dont elle fait aussi partie. 

Je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes. A très bientôt pour de nouvelles et pétillantes cogitations,

Laurence

Laurence Honnorat

Innovaxiom
Science, technologie, créativité

97 boulevard Saint-Michel 
75005 Paris - France

Phone +33 9 82 34 24 95




jeudi, décembre 25, 2014

L'Homme est redevenu le centre de l'univers

tweet art

Après Copernic et Galilée, retour à la case départ. La métaphysique numérique de la science contemporaine renverse symboliquement la révolution copernicienne qui initie une cosmogonie réaliste en Occident. L'Homme n'est plus l'étranger apparu par un hasard improbable dans un univers indifférent. Il est à nouveau la mesure de toute chose, l'illusionniste, le fabulateur de toutes les fictions. Nous vivons désormais dans un monde mythique.

mercredi, décembre 24, 2014

Vibrations numériques


Edition François Bourin, Paris, novembre 2014


1.     L’âge du numérique                                            7
2.     Puissance mythique                                           17
3.     Le mythe amniotique du numérique                  23
4.     Le mythe d’une hyperhumanité                         47
5.     Le mythe de l’intelligence collective                  67
6.     Psyché numérique                                              89
7.     Le mythe du numérisme                                   107
8.     Mythe de la puissance numérique                    129
9.     Effervescence magique                                     173

     Conclusion : Mythanalyse du numérique              295

Ma poche couine, ma main sonne, la table vibre, mon oreille résonne: ce sont les messages et les courriels, les alarmes et les tweets qui rentrent, qui me rejoignent, m’excitent, me stimulent ou me harcèlent et m’obsèdent constamment. Mon style de vie a changé depuis que j’ai un téléphone intelligent. L’âge du numérique qui émerge est plus puissant que l’âge du feu. Mais aussi plus humain. Il réactive nos mythes les plus profonds et nous aspire dans la magie de ses mondes virtuels. Face à la vieille réalité, sommes-nous des cyber–primitifs heureux? L’auteur propose une mythanalyse de nos emballements numériques et de ce qu’ils modifient en profondeur dans la société et dans nos manières de penser. Une exploration envoûtante. 

mardi, décembre 23, 2014

Mythanalyse du numérique : la magie du Net


Editions François Bourin, collection Le mythologue, dirigée par Georges Lewi, nov 2014

Après l’âge du feu, dont les flammes brûlent encore nos esprits, voici qu’émerge soudain l’âge du numérique, dont la nouveauté radicale, puis l’accélération exponentielle ont été stupéfiantes. Médias, technoscience, structures sociales, politique, économie, finances, écologie, biologie, éducation, médecine, culture : rien n’échappe, tant à l’échelle mondiale que dans le détail de nos vies individuelles, au Choc du numérique (édition vlb, 2001). Avec le tournant du millénaire, le monde réel semble avoir basculé dans le virtuel. L’économie imaginaire a entraîné avec elle l’économie réelle dans une crise mondiale dévastatrice. La bioinformatique déchiffre et manipule audacieusement nos gênes. L’astrophysique n’affiche plus sur nos écrans que des fichiers numériques en fausses couleurs pour explorer les confins de notre galaxie et découvre la lumière du Big-bang. La mécanique quantique et les nanotechnologies sont devenues fabulatoires. Les nouvelles générations s’évadent dans les médias sociaux avec le sentiment d’accéder à une existence supérieure à ce qu’on appelle encore la réalité. Nous sommes happés dans un nouveau monde dont la puissance mythique et l’effervescence magique débordent nos consciences.

lundi, décembre 22, 2014

Art et mythanalyse, 1979


Texte paru dans le catalogue de mon exposition au Musée d'art contemporain de Montréal en 1981






dimanche, décembre 21, 2014

Identité-Fiction


Circulaire  diffusée par envoi postal et sérigraphie de l'album FISCHER & Cie, Société anonyme, 1973


Du même album, 1973

samedi, décembre 20, 2014

Nous vivons désormais et à nouveau dans un monde mythique

tweet art

Nous vivons désormais à nouveau dans un monde mythique. La grande différence d'avec les Égyptiens, les Grecs anciens, les Mayas ou les Chrétiens, c'est que nous le savons. Et il faut en tirer toutes les conséquences. Voilà une immense divergence du futur, à supposer que nous en soyons capables collectivement.

vendredi, décembre 19, 2014

Identidad-ficcion au CAYC

Centro de arte y comunicacion de Buenos Aires fondé par Jorge Glusberg, action de juillet 1975

jeudi, décembre 18, 2014

Hommage à Gilbert Durand





La revue Esprit critique consacre un muméro spécial sous la direction de Fatima Gutierrez et de Georges Bertin à un hommage à Gilbert Durand, décédé en 2012.
On pourra lire ce numéro en ligne à:
http://www.espritcritique.fr/Dossiers/dossier.asp?idcode=89



J'ai eu le plaisir d'y contribuer moi-même :
En voici le sommaire:
Mythocritique, Mythanalyse, Mythodologie La théorie fondatrice de Gilbert Durand et
ses parcours méthodologiques
Fátima Gutiérrez ______________________________________________________ 7
Gilbert Durand ou le Nouvel esprit anthropologique
Georges Bertin _______________________________________________________ 18
Petite histoire d’un étudiant des années 1960 en quête de mythanalyse
Hervé Fischer ________________________________________________________ 29
Pour un nouvel esprit anthropologique. « Trajet anthropologique » et « structures
d’accueil »
Blanca Solares _______________________________________________________ 34
Entre phantasia et realia. Le visage de l’anthropologie de l’Imaginaire
Constantin Mihai ______________________________________________________ 42
La mythodologie comme organisateur épistémique
Patrick Legros ________________________________________________________ 46
La Mythocritique est bien une mythanalyse. Une contribution à l’herméneutique du
mythe
Jean-Pierre Sironneau Alberto Filipe Araújo ________________________________ 55
Mythocritiques
Gilbert Durand : la féminité sous le signe de la dualitude
Ionel Buse, __________________________________________________________ 69
Dynamiques sociales brésiliennes : le regard de Gilbert Durand
Danielle Perin Rocha Pitta ______________________________________________ 76
Les structures fondamentales de l’imaginaire dans L’Épopée des Trois Royaumes de
Luo Guan-zhong Contribution à la Mythocritique durandienne
Chao Ying Durand ____________________________________________________ 86
Les Barbares à l’ombre de l’Europe
Serge Dufoulon et Gilles Rouet _________________________________________ 100
L´Imaginaire du sacré aujourd’hui : mythes, rites et spectacularisation
Nizia Maria Souza Villaça _____________________________________________116
Pédagogies _________________________________________________________ 123
Gilbert Durand, dans le souvenir et dans la pensée critique d’un professeur espagnol
Javier del Prado Biezma _______________________________________________ 123
De la pédagogie de l’imagination à la pédagogie imaginale
Paolo Mottana_______________________________________________________ 129
Gilbert Durand (1921-2012) n’est plus, ses contributions à l’Education
Georges Bertin ______________________________________________________ 137
Postface
Chao Ying Durand ___________________________________________________ 140


Notes de lecture
Georges Bertin _____________________________________________________  144
Lerbet Georges, L’expérience du symbole ________________________________ 144
Besnier Jean-Michel, Demain les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ?
__________________________________________________________________  146
Vierne Simone, Les mythes de la Franc-maçonnerie, ________________________ 149
Chawaf Chantal, Le corps et le verbe, la langue en sens inverse. _______________ 151
Le serment d’Hermés de Gilbert Durand __________________________________ 156


mardi, décembre 16, 2014

Conférence de Lorenzo Soccavo au Séminaire Éthiques de la création



Ne manquez pas la conférence de Lorenzo Soccavo  dans le cadre du séminaire Éthiques de la création le
7 janvier 2015, « Parentés animales de la pensée humaine - Le retour des forces spirituelles associées » :

Bibliographie naturelle vs anthropocentrisme : dépasser l'horizon humain pour se ressaisir de la force spirituelle du langage
 
Résumé
 
"Aussi loin que nous puissions remonter dans l'épopée de l'espèce humaine, les mutations des dispositifs et des pratiques de lecture s'écoulent dans le lit d'un même fleuve, aujourd'hui en crue.
En référence aux dits du moyen âge, compositions narratives imaginaires (par exemple, le Dit de l'unicorne et du serpent, Herman de Valenciennes, 13e siècle) je parlerai de « lit », pour désigner à la fois ce qui est lu et ce qui en fait le lit, la couche, le terreau fertile de l'activité fabulatrice de l'espèce.
Notre anthropocentrisme nous incite à penser l'homme comme (seul) animal-lecteur (Alberto Manguel), mais nous oserons une tentative pour lire cet animal-lecteur par ce qui l'engage (langage) dans les perspectives tracées par la mythanalyse et la prospective du livre et de la lecture, c'est-à-dire dans une démarche entre historicité (ce qui est historiquement attesté) et historisation (ce qui relève de la transformation de mythes en récits historiques ou scientifiques).
Je considère la lecture comme une activité essentielle du vivant pour décoder et documenter son environnement ; comme premier degré de lecture la reconnaissance immunitaire, et comme source des dispositifs de lecture, les artefacts symboliques du langage, aussi nous faut-il je pense lire le monde à d'autres niveaux. Du chant des pistes des aborigènes australiens, aux travaux sur les lignes de l'anthropologue Tim Ingold, des chamanes aux hackers, les voies sont multiples.
Le Pardès de la Kabbale (tradition ésotérique du judaïsme), ou la lectio divina(exégèse biblique par Origène), incitent à exercer la lecture comme une forme active de prière et d'écoute, écoute d'une puissance créatrice qui voudrait nous parler, par les Écritures dites sacrées, des/les forces spirituelles du Verbe.
Je propose alors d'envisager, de dévisager le langage, non plus comme ce qui singulariserait l'homme au sein de l'harmonie du vivant, mais au contraire comme ce qui le ravirait dans la symphonie de l'univers, et d'imaginer ce que la grammaire pourrait receler comme formes de vie. Celles, par exemple, qu'évoquait Italo Calvino dans une de ses villes invisibles (Théodora, étymologiquement "don de Dieu") : « Reléguée pendant un temps indéfini dans des repaires à l’écart, depuis l’époque où elle s’était vue détrônée par le système des espèces désormais éteintes, l’autre faune revenait au jour par les sous-sols de la bibliothèque où l’on conserve les incunables, elle descendait des chapiteaux, sautait des gargouilles, se perchait au chevet des dormeurs. Les sphinx, les griffons, les chimères, les dragons, les hircocerfs, les harpies, les hydres, les licornes, les basilics reprenaient possession de leur ville. ».
Une autre manière de formuler l'émergence de ce que j'appelle le bibliocène, par l'activation des codes qui programment autant nos mythes, nos récits de sciences et de fictions, qu'en grande partie notre perception de la réalité (Hypothèse Sapir-Whorf)."
 
Vous serez les bienvenus à cette séance du mercredi 07 janvier 2015, informations pratiques en suivant ce lienhttp://www.fabula.org/actualites/ethiques-mythes-de-la-creation_65788.php
  .
Interviendront également au cours de cette séance : Georges Chapouthier (biologiste, CNRS), Wei Liu (doctorante Arts CHCSC-UVSQ) et Emile Noël (Institut Charles Cros).
Retrouvez ce texte sur le blog PROSPECTIVE DU LIVRE de Lorenzo Soccavo: 
 

lundi, décembre 15, 2014

L'Ordre des choses de Michel Maffesoli

Michel Maffesoli

Il faut lire L'Ordre des choses (CNRS éditions) que vient de publier Michel Maffesoli, car il est le plus radical, le plus jusqu’au-boutiste et conséquent des sociologues de la postmodernité. Sa lecture permet de mesurer toutes les conséquences de ce courant de pensée. Il ne recule devant aucune de ses implications, même celles que les croyants au progrès, dont je suis, jugent toxiques. Mais il n'est pas pour autant pessimiste et sa pensée est plutôt celle d'un joyeux vitaliste. Il est vrai, il le rappelle, qu'un sociologue n'est pas un éthicien, mais un déchiffreur de ce qui est. Certes, Durkheim, notre maître à tous, soulignait les dangers de l'anomie et dénonçait la perte de solidarité sociale qui favorise le suicide. Maffesoli se pose cette question de la fragmentation sociale, tout en soulignant l'importance des nouvelles formes de socialité tribales qui émergent, notamment avec les réseaux sociaux et dynamisent le "vouloir-vivre ensemble" d'aujourd'hui. 
Il revendique une "pensée radicale", qui va , par-delà "les bien pensances" instituées, par-delà "le prêt à penser moderne", dire ce qu'est réellement l'ordre des choses, dont nous dépendons profondément alors que nous prétendons le soumettre à nos idées. "Il convient de regarder le monde tel qu'il est et non pas tel qu'il devrait être".  En ce sens, il est proche de la mythanalyse - il rend volontiers hommage à son maître Gilbert Durand, l'auteur des "Structures anthropologiques de l'imaginaire". Et dans cette "pensée radicale", il est de la trempe des démystificateurs joyeux, même du pire: "Il faut savoir s'accorder à la tendre cruauté de l'ordre des choses" dit-il d'entrée de jeu.  
Une pensée profonde, donc, étonnamment cohérente et provocatrice, extrêmement stimulante pour ceux, dont je suis, qui veulent quand même changer le monde! Un débat incontournable.

jeudi, décembre 11, 2014

Éthique, création, mythanalyse



Hervé Fischer, Luc Dellisse, Christian Gatard, Georges Lewi et Sylvie Dallet


 ÉTHIQUES  et  MYTHES de la CRÉATION


5 décembre 2014,  séance inaugurale 14 heures-17 heures 30
Salle des Conférences, Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord.

Ce séminaire, très ouvert, organisé par Sylvie Dallet a été l'occasion pour chacun de préciser ses centres d'intérêt et sa méthodologie.Il se poursuivra chaque première semaine des prochains mois, dans une démarche plurielle qui permettra d'enrichir les liens entre création, mythanalyse et éthique (voir le programme complet précédemment affiché dans ce blog)..

La Mythanalyse ou  la société en/au miroir brisé
Méthodologie et approches de la mythanalyse, mythologie, mythocritique…
Séance en la présence du philosophe Hervé Fischer (Montréal), président de la Société Internationale de Mythanalyse et Luc Dellisse, Christian Gatard, Georges Lewi …

Sylvie Dallet : Ouverture du séminaire Éthiques et mythes de la Création
Hervé Fischer : Construire une théorie de la mythanalyse
Christian Gatard : Instruments de navigation du mythologue contemporain
Luc Dellisse : L’écrivain et ses mythes
Georges Lewi : Le nouveau bovarysme





mercredi, décembre 10, 2014

La pensée magique du Net - Entretien avec MarketingIsDead

Publié par François Laurent le 10/12 sur son blog: 

http://marketingisdead.blogspirit.com/archive/2014/12/10/la-pensee-magique-du-net.html

La Pensée Magique Du Net


Hervé Fischer vient de publier : La Pensée Magique Du Net aux éditions François Bourin (Paris); rencontre avec un auteur français exilé au Canada, fondateur en 2014 à Montréal de la Société internationale de mythanalyse, à la biographie particulièrement riche, et trop méconnu en France.
MarketingIsDead :Tu déclares éprouver une « fascination critique face au numérique » : peux-tu préciser ta posture face au numérique ?
Hervé Fischer : Je suis né en Europe, formaté par le rationalisme critique, éduqué par des humanistes classiques pourfendeurs de McLuhan, le premier philosophe à oser dire que la technologie change nos idées, nos valeurs, nos modes de socialisation, bref, notre conscience. Pour eux la technologie était – et demeure encore le plus souvent -, un antihumanisme.  J’ai cependant été un des premiers à enseigner McLuhan quand j’étais assistant à l’université Paris V au début des années 1970.
Lorsque j’ai émigré au Québec au début des années 1980, j’ai pris conscience de l’importance à venir du numérique. Mais j’ai observé aussi que les « gourous » nord-américains du numérique étaient des prophètes naïfs qui nous annonçaient la mutation finale du transhumanisme sans aucun esprit critique. McLuhan, lui, au moins, était professeur de littérature et cultivait l’esprit de finesse dans ses provocations. Ces penseurs, plus ingénieurs ou journalistes que philosophes, traversent le miroir aux alouettes avec grand succès médiatique et sans aucune inquiétude.
Je me suis trouvé entre deux continents, deux cultures, entre les américains adeptes de la pensée magique numérique  et les essayistes-philosophes français qui dénoncent encore et toujours, quasi unanimement, cette gadgetterie américaine déshumanisante. Je me suis aperçu que j’étais un peu seul, comme penseur français à être fasciné par la révolution  numérique, et très isolé, comme penseur nord-américain, à en être critique et à en dénoncer la face cachée.
MarketingIsDead : Selon toi le XX° siècle fut celui de l’énergie, le XXI° est celui de l’information ; mais l’information et sa diffusion sur la toile consomme énormément d’énergie …
Hervé Fischer : Oui, le numérique est dévorateur d’énergie et pollueur. Il semble beaucoup moins toxique que le charbon ou le nucléaire, mais Il pose aussi de graves problèmes écologiques. Il contamine l’atmosphère et les dépotoirs. Certes, plusieurs grandes compagnies affichent des inquiétudes à cet égard et des politiques vertueuses, mais dans l’ensemble, les lois concernant le traitement des déchets numériques qui ont été promulguées dans beaucoup de pays du Nord, sont peu respectées.
Les déchets numériques, au lieu d’être traités localement, sont envoyés vers des pays-dépotoirs en Afrique notamment, mais aussi en Chine, où une main d’œuvre pauvre travaille, souvent sans protection, à récupérer les métaux recyclables pour la revente. Ces malheureux s’intoxiquent gravement. Le numérique est cancérigène pour eux, alors que nous le déclarons vert dans les pays riches. Cette situation pourrait être rapidement corrigée s’il y avait une volonté écologique réelle. Mais lorsqu’on voit la lenteur des décisions  qu’il est urgent de prendre face aux gaz à effet de serre des énergies fossiles, cela demeure manifestement marginal dans l’esprit des gens. Hélas.
MarketingIsDead :En quoi recommençons-nous, toujours selon tes dires, « à fabuler le monde plus que jamais », et pourquoi, dans quel but ?
Hervé Fischer : Ce n’est pas que nous soyons des fantaisistes, des fabulateurs par naïveté ou pour amuser les foules. En fait, nous n’avons jamais eu d’autre choix, dans aucune civilisation, et quel que soit notre âge, que d’interpréter avec les moyens du bord un monde qui nous demeure mystérieux. Les mythes, les religions, la science tentent de nous présenter des récits crédibles du passé, du présent, du futur de l’univers et de nos vies individuelles dans cet infini. Et si nous adoptons ces histoires qu’on nous raconte, nous ne sommes plus des fabulateurs, mais des croyants ou des rationalistes.
Nous nous croyons modernes, mais nous avons autant de mythes que les anciens, sans nous le dire. On ne peut nier que le numérique réveille de la pensée magique et des mythes familiers. Le nouveau monde numérique qui nous submerge soudain nous semble difficile à nommer avec des mots clairs et réducteurs. Il est d’une puissance inédite, mais éveille aussi nos désirs, nos peurs. C’est un psychotrope et il crée des dépendances. Il compense nos frustrations par rapport au monde réel, il nous euphorise, crée des espoirs, nous annonce un bonheur virtuel. Le « vieux monde » exigeait nos efforts, notre travail, nous résistait, nous décevait, nous faisait souffrir.
Comment ce nouveau monde magique, prometteur sans effort physique ne nous séduirait-il pas ! Il est imaginaire et pourtant très efficace, réel-virtuel : quel enchantement ! Le numérique est une magie nouvelle, non pas dans ses buts, qui demeurent humainement les mêmes depuis toujours, mais dans ses techniques, plus efficaces que jamais.
MarketingIsDead : Quand tu te sens un peu déprimer, tu « fumes un tweet » : comment peut-on fumer un tweet ?
Hervé Fischer : Du bout de sein à la tétine, à la sucette, à la gomme à mâcher, à la cigarette, à la pipe, au tweet, à la vaporette, et même désormais à la sucette électronique, c’est du pareil au même : le lien oral avec le corps maternel puis son substitut, le corps social. Se connecter pour nier la séparation.
Produire des volutes de fumée de cigarette ou des tweets , ce n’est pas dire grand-chose, ni dans un cas, ni dans l’autre. C’est le lien et non le contenu qui compte – le médium, c’est le message, disait déjà McLuhan. C’est par un rite social dire à qui veut l’entendre : j’existe et je ne suis pas seul. L’oralité calme l’angoisse de la solitude. Et il y a les boulimiques du tweet, comme les boulimiques de la nourriture. Ceux qui allument une cigarette sur l’autre. Maintenant c’est plutôt un tweet après l’autre, ce qui est moins toxique.
Mais il y a de la nicotine sociale dans le numérique, et donc de la dépendance – compensatoire d’un manque. Voilà pourquoi nous tweetons.

lundi, décembre 08, 2014

Le choc éthique à l'âge digital (Le Figaro Madame)


A l'occasion de la publication de La pensée magique du Net, édition François Bourin, Paris