tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel

samedi, juin 30, 2012

mythanalyse de la divergence (2)


Mythanalyse et divergence: deux concepts sur lesquels je travaille intensivement. J'ai déjà abordé leur articulation, mais Il faudra bien que je développe davantage cette analyse. Bien sûr, la mythanalyse est une divergence par rapport à la psychanalyse et à la sociologie. Mais que serait une mythanalyse de cette rébellion, de cette rupture, de ce projet alternatif qu'est la divergence? Une réflexion à mener, pour moi incontournable.Qu'est-ce que ce rejet de l'autorité? Comment la comparer avec la dialectique? La divergence est une brisure de la pensée linéaire. Comment la rapprocher de la pensée en arabesque? 

vendredi, juin 29, 2012

mythanalyse du numérique (2)




Nous allons donc tenter d’explorer les imaginaires sociaux de cet âge du numérique émergent. Nous pensions qu’il s’agissait d’une révolution technologique et scientifique. Mais nous y  redécouvrons les croyances ingénues, les espoirs, les peurs et les émotions des vieux mythes des origines et du futur, que réactive spectaculairement le numérique. Il est paradoxal qu’un code binaire élémentaire, ait réveillé ces vieux mythes de l’humanité, que nous croyions dépassés, ceux de la lumière, de l'unité universelle, de la puissance créatrice humaine (CyberProméthée), ou ceux, aussi futuristes et spirituels, de la noosphère teilhardienne et de son point Omega d'achèvement de notre évolution.
La mythanalyse embrasse bien sûr beaucoup plus que le numérique, mais le numérique s'offre à nous comme un champ d'analyse étonnamment significatif et démonstratif de notre thèse. Nous nous croyons « modernes » et libérés des « superstitions et autres mythes infantiles ». Nous pensons que le rationalisme nous a permis de nous « démystifier ». Pourtant, nous adhérons aujourd’hui encore, à l’âge du numérique, de la technoscience, et des nanotechnologies, à autant de mythes que les Égyptiens ou les Grecs, et qui demeurent le plus souvent de nouvelles déclinaisons des mêmes croyances archaïques, car les mythes sont d'origine biologique, quelles qu’en soient leurs variations sociales. Mais pas plus que les Égyptiens ou les Grecs nous ne savons que nos croyances actuelles sont mythiques, sans doute parce qu'elles s'expriment autrement, moins selon les figures anthropomorphiques des mythologies anciennes (des dieux et des déesses), mais davantage en puissances abstraites, tels que le Progrès, l’Histoire, la Raison, le Travail, le Futur qui nous ont dominés depuis le XIXe siècle, puis dans les grands acteurs de notre imaginaire technoscientifique, économique et écologique, et plus précisément aujourd’hui dans notre dépendance aux prodiges du numérique.
Et il est tout aussi étonnant que le numérique ait réactivé la pensée magique, ses rituels. des malins génies et des démons, qui semblent réveiller des sorcelleries primitives.

mardi, juin 26, 2012

La mythanalyse thérapeutique


Devenir conscient que Dieu est un mythe actuel, comme jadis Zeus ou Wotan et opter pour l'athéisme, c'est se libérer personnellement d'un mythologie toxique, aliénatrice, et récupérer sa dynamique vitale.

lundi, juin 25, 2012

Une thérapie mythanalytique est-elle pensable?


Peut-on user de la mythanalyse comme de la psychanalyse ou de la psychologie dans un but de thérapie individuelle? Ou la mythanalyse se limite-t-elle à une science humaine des imaginaires sociaux, une sorte de sociologie théorique des imaginaires collectifs?
A priori la mythanalyse traite des inconscients sociaux et n'a ni compétence, ni méthode, ni expérience dont se prévaloir au niveau individuel. D'ailleurs on rappellera que cela ne s'est jamais fait. La mythanalyse, objectera-t-on encore, à supposer même que ce soit une science humaine, ce que la plupart contestent, ignorant même son existence, ne saurait être une thérapie, pas plus que la sociologie. Ce serait seulement une science d'observation et d'interprétation. 
Pourtant, j'en ai usé pour moi-même et en apprécie aujourd'hui les excellents résultats. Faut-il s'étonner que la mythanalyse puisse avoir un impact individuel alors qu'inversement la théorie psychanalytique met en scène des figures collectives, tels que totem, tabou ou archétypes et en use dans les analyses individuelles? Personne ne soutiendra que l'inconscient personnel est sans relation avec l'inconscient collectif, et réciproquement. Et il serait difficile de nier l'impact des grands mythes, comme Dieu ou le Progrès, et des imaginaires sociaux sur chacun de nous. Cette dimension sociale des inconscients individuels est une évidence que les lacaniens ou les ethnopsychanalystes nous ont appris à prendre en compte. 
Repérer les mythes actuels les plus déterminants d'une société, c'est ce que fait la mythanalyse, et elle intensifie ainsi la conscience sociale des imaginaires sociaux qui nous influencent.. Mais elle ne se limite pas à ce constat. J'ai toujours insisté sur la possibilité supplémentaire qu'elle nous donne d'évaluer les mythes en fonction de leurs effets positifs ou destructeurs. Ainsi, une société postmoderne accuse un grave déficit de croyance en elle-même, qui peut devenir dévastateur collectivement tout aussi bien qu'individuellement. On sait d'expérience qu'une société colonisée ou vaincue tend à s'autodétruire. Elle cultive alors les figures inconscientes de l'échec, de la faiblesse. Cela est arrivé fréquemment et j'en ai encore la mémoire lors des deux échecs référendaires québécois. De même, tout parti politique en fait l'expérience lorsqu'il doit encaisser une cuisante défaite électorale.
La mythanalyse ne peut allonger la société sur le divan, mais elle peut elle aussi créer une prise de conscience salvatrice des forces et des faiblesses de son imaginaire et de ses mythes, voire donner des avertissements ou des conseils d'orientation. Tout le monde le fait tous les jours, notamment en politique et dans tous les débats sociaux. On demandera alors selon quelles valeurs la mythanalyse mènera-t-elle son évaluation et son diagnostic ? La question vaut aussi pour les psychanalystes ou les psychologues. Conformisme, esprit libertaire? Un débat s'impose, certes, mais qui n'est pas plus rédhibitoire pour la mythanalyse que pour la psychanalyse. Toutes deux visent à faire cesser la souffrance et à rétablir un processus vital dynamique. 
Alors quelle méthode adopter en mythanalyse? Le principe d'une thérapie mythanalytique consiste à mener un dialogue avec le patient qui lui fasse prendre conscience des principaux mythes auxquels croit, selon lui, la société avec laquelle il s'identifie - par exemple dieu, ou le futur, la loi du plus fort, le progrès, le libéralisme, le socialisme, le conservatisme, l'amour, la justice, le destin, la fatalité, le travail, la nature, etc. Et pour compléter cette prise de conscience, le mythanalyste lui demandera aussi de nommer les valeurs, mythes ou projets auxquels sa société, selon lui, ne croit pas, par exemple le néolibéraslisme, l'athéisme, la justice sociale, l'indépendance, le sport, le racisme, la guerre, etc. Cette première partie de l'analyse peut être longue et demande de la finesse pour repérer les déclinaisons fines de ces grandes figures mythiques et de leurs attributs.
Dans une deuxième étape, le mythanalyste invitera le patient à évaluer ces mythes, pour les classer comme positifs ou négatifs, porteurs ou destructeurs. Et à se demander en quoi telle ou telle valeur est positive ou négative; par exemple peut-on être réaliste et optimiste à la fois. Le pacifisme implique-t-il une tolérance extrême? Le dialogue aboutira à préciser et évaluer des configurations mythiques meilleures ou périlleuses et à analyser leurs articulations et leurs effets.
La troisième étape visera à faire évaluer par le patient quels sont les mythes collectifs de sa société d'appartenance auxquels il croit lui-même et ceux qu'il rejette. Nous aurons alors un portrait de l'impact de l'inconscient collectif sur l'inconscient individuel du patient.
A partir de ce stade, la thérapie consiste à dialoguer avec le patient pour lui faire prendre conscience de son équation mythanalytique individuelle (identifications et écarts avec les mythes dominants de sa société). Nous découvrirons avec lui quels sont les liens entre ses attitudes personnelles, optimiste, volontariste, défaitiste, fataliste, rebelle, conviviale, etc. et les figures mythiques de sa société d'appartenance. 
En bout de course, le dialogue consistera à faire prendre conscience par le patient du fait qu'il est "sous influence" des mythes identitaires de sa société ou en réaction contre eux . De sorte qu'il lui appartiendra de désigner les mythes qui lui ont fait du mal et ceux qui pourraient lui redonner les énergies vitales dont il a besoin pour restaurer sa volonté-monde positive. 
C'est en apprenant à devenir lui-même mythanalyste que le patient acquiert la capacité de se libérer de mythes toxiques et à adopter des mythes bénéfiques. Bref, le patient élucide des façons de penser et les valeurs sociales qu'elles véhiculent, pour repenser et reconstruire ses valeurs propres. 
Ce n'est ici qu'une première esquisse du cheminement d'une thérapie mythanalytique, telle que j'en ai ai fait l'apprentissage dans ma propre vie pour me libérer de ma névrose d'enfance, individuelle certes, mais surtout familiale et sociale, qui était liée aux imaginaires sociaux dans lesquels je baignais, celui de la guerre, car je suis né à Paris en 1941, mais aussi le dolorisme chrétien de ma mère, le stoïcisme de mon père, la peur du malheur et de la mort qui nous menace sans cesse  comme une épée de Damoclès terriblement présente (du fait d'une grande mortalité dans ma famille). De cette morbidité, je me suis libéré en me confrontant au réel, à mes peurs dans la pratique de l'art sociologique, en consacrant mes efforts de sociologue à développer une compréhension des mythes collectifs, en construisant une théorie de la mythanalyse, et finalement en reniant les mythes qui m'avaient pesé, pour en adopter d'autres, qui me permettaient de me réconcilier avec le monde et avec moi-même. 
Sur ce dernier point, il ne s'agit là aussi que d'une esquisse. Mais je sais que le vouloir-vivre qui était en moi m'a permis de découvrir cette volonté-monde dont je fais aujourd'hui le grand mythe porteur de mon interprétation de l' univers. J'en espère, moi qui étais suicidaire dans mon enfance, de nombreuses années encore à vivre avec le meilleur de ma force vitale Quel retournement! Et je sais maintenant pourquoi j'ai quitté la névrose endémique de la société française à quarante ans pour émigrer au Québec. Je pensais y chercher, comme artiste et sociologue, un autre scénario sociologique, capable de me questionner et de renouveler mes intérêts théoriques. Mais ce que je suis venu surtout y chercher inconsciemment, ce que j'ai trouvé en Amérique du Nord , c'est une autre configuration mythique qui m'a libéré du mal français et m'a permis d'adopter la croyance collective au progrès et au bonheur possibles.
La difficulté d'une analyse, qu'elle soit psychanalytique ou mythanalytique, c'est qu'une partie de la solution consisterait à changer de scénario de vie, celui qui a à l'origine du mal. Si le patient ne change pas de milieu familial ou de configuration mythique, il risque fort de ne pas pouvoir se libérer des causes qui entretiennent son malaise, même s'il en a pris conscience.
Une thérapie mythanalytique est-elle possible?. Une voie me paraît s'ouvrir au niveau théorique et lorsque j'analyse mon propre cheminement, qui ne devrait rien avoir d'exceptionnel.

samedi, juin 23, 2012

Multiplicité des Tours de Babel



Il y a autant de Tours de Babel sur la planète Terre que de centres périphériques. Chacun est une Tour de Babel de nos socialités humaines. Chaque village, chaque bourgade, chaque quartier, chaque ville, chaque capitale, chaque métropole, qu'elle soit de Bolivie ou de Serbie, de Côte d'Ivoire ou d'Ethiopie, d'une province chinoise ou de Birmanie, de New York ou de Paris et de chaque hameau perdu au bout d'un chemin de terre. Un immense réseau de Babel qui devient numérique, connecté en temps réel. Sans centre et sans circonférence. Théoriquement un rhizome. Mais il y a de Tours plus hautes que d'autres, plus cosmopolites que d'autres, plus puissantes que d'autres.

vendredi, juin 22, 2012

Diversité artistique


Le mythe de la Tour de Babel est le mythe fondateur de notre société de l'information et de la diversité linguistique et cultuelle que nous célébrons aujourd'hui dans notre ère post-colonialiste. Cette posture nouvelle, qui nous aide à nous affranchir des impérialismes successivement grec, romain, arabe, européen et américain, vaut aussi pour la diversité des arts. La grande époque de New-York, qui nous a imposé le pop art et l'art conceptuel des années 1960-1970 est terminée. Elle aura duré cinquante ans.
Il nous faut donc aujourd'hui célébrer et consolider le vieux mythe de la Tour de Babel, plus actuel que jamais, et dont l'impérialisme du Vatican  nous a imposé pendant des siècles une interprétation faussée par sa volonté d'hégémonie.

jeudi, juin 21, 2012

mythanalyse interrogative



La mythanalyse n'est pas un système de concepts, mais une pratique de questionnement. Nous ne voulons plus nous limiter à une approche sociologique comme à l'époque où j'avais fondé l'Ecole sociologique interrogative avec le collectif d'art sociologique dans ma cave à Paris. Bien sûr, la sociologie demeure une dimension fondamentale de notre pratique, mais il faut l'élargir aujourd'hui au questionnement philosophique et mythanalytique. Et je sors de ma cave. Je conçois aujourd'hui une école interrogative en ligne.

vendredi, juin 15, 2012

Photographie d'une âme monothéiste

On notera la persistance de la structure résiduelle des acides polynucléiques, qui donne à penser que le monothéisme maintient autour de Dieu une présence familiale, comme dans la mythologie grecoromaine autour de Zeus/Jupiter (Vénus, des fils et filles, des dieux, demi-dieux et héros, de la Pythie, des Gorgones et notamment de Méduse, qu'on retrouve dans le catholicisme sous les figures de la Vierge Marie, du Christ fils de Dieu, du Saint-Esprit, des anges et archanges, des Saints, Saintes et Bienheureux, et même du Diable et des démons pour régner sur les enfers.

jeudi, juin 14, 2012

photographie d'une âme


Qu'est-ce que l'âme? Un fantasme? Une réalité supérieure? Pour répondre à cette question, voici enfin la première photographie connue d'une âme, captée dans un accélérateur mental, au 1/ 000 000e. (Le fichier est numérique et affiché ici en fausses couleurs pour une meilleure visibilité.)
Il s'agit, comme on peut le voir, d'une âme polythéiste. Nous présenterons demain la photographie d'une âme monothéiste.

mardi, juin 12, 2012

Technoscience et évolution



La technoscience est-elle devenue le moteur de l'évolution humaine? 
cosmogonie animiste, cosmogonie polythéiste, cosmogonie monothéiste, cosmogonie réaliste, cosmogonie numérique.
Conférence au Carrefour des sciences  - Initiative science citoyenne de Rimouski le 23 mai 2012.