tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel, mais il faut savoir choisir ses fabulations et éviter les hallucinations.

mardi, juin 04, 2019

Le langage est fabulatoire - diversité des langues et des cultures



Même si les dictionnaires de langues étrangères nous rendent la vie plus facile, force est d'admettre que les mêmes mots dans les différentes langues, même s'il désignent les mêmes objets, les mêmes jours de la semaine, les mêmes animaux, ne renvoient pas aux mêmes idées, aux mêmes actions, aux mêmes imaginaires. D'ailleurs, ce ne sont pas les mêmes mots. Leur prononciation varie grandement d'une culture à une autre, leur étymologie fait image diversement. Et cela est vrai non seulement pour la diversité des langues et des cultures, mais aussi, comme la phénoménologie le montre, pour la diversité des individus. 
Pourquoi? Parce que notre rapport au monde est toujours imaginaire, ou, comme j'aime le dire en mythanalyse, fabulatoire. Le langage parle de nous autant que du monde que nous disons extérieur, et qui ne l'est pas vraiment. 

lundi, juin 03, 2019

Et pourquoi pas la pensée post-planétaire, tant qu'à oser conceptualiser!

La pensée post-planétaire






Tandis que la préhistoire hante de plus en plus notre culture actuelle,* on nous parle aussi beaucoup ces temps-ci de trans- et de posthumanisme, de post-histoire, de post-rationalisme, de post-vérité, de post-démocratie... et en effet la science-fiction nous accoutume à cet environnement cinématographique. Nous envoyons des sondes spatiales vers les autres planètes du système solaire,  nous préparons très concrètement des expéditions sur Mars. Nous découvrons des exo-planètes. Alors pourquoi pas voir émerger aussi une pensée post-planétaire. Et pourquoi pas, tant qu'à faire, une pensée exo-planétaire. 
Mais, ce qui nous fait encore le plus défaut, c'est manifestement de penser ce que deviendra la planète Terre lorsque nous serons tous devenus (au moins les riches nantis) des transhumains et des post humains. Quelle sera la relation que développeront ces anthropoïdes d'un nouveau genre avec la vieille nature naturelle, avec les animaux, les végétaux de notre planète, puis avec les minéraux des autres planètes sans vie. 
Sur Terre, sans doute, à supposer que notre planète survive aux entreprises humaines, n'y-aura-t-il alors plus d'oiseaux, ni de fleurs pour poser des questions métaphysiques aux cyborgs. Le problème sera réglé. D'autant plus qu'il n'y aura plus de pensée humaine. Seulement l'intelligence artificielle, qui saura résoudre toutes ces questions hypothétiques et créer des décors agréables aux circuits électroniques et aux humains quantiques que nous serons devenus. 
Quant aux humanoïdes qui auront migré sur Mars et autres planètes plus attirantes que la Terre, ils auront assurément fort à faire pour ne pas tomber en panne et n'auront de pensée post-planétaire que strictement technologique. 
La Terre est peut-être une vallée de larmes obsolète, mais la pensée post-planétaire risque fort d'être tout simplement cauchemado-pragmatique. Bel avenir post-planétaire en perspective, qui mériterait une pensée philosophique aigüe. La "pensée post-planétaire": un beau titre de livre aux éditions Vrin, librairie philosophie, Paris, qui auront alors déménagé leur siège social de La place de la Sorbonne au Square postsolaire de la Silicon Valley. 


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* Voir l'exposition "Préhistoire: une énigme moderne" au Centre Pompidou, mai-septembre 32019.

vendredi, mai 10, 2019

"L'intelligence collective" n'existe pas.





Les gourous du numérique  vantent à satiété "l'intelligence collective", comme si nous nous branchions sur un nuage intelligent, une sorte d'atmosphère entourant la Terre où s'hybrideraient nos réseaux neuronaux et les réseaux numériques. Ils sont nombreux, ces hyper-intelligents à décliner cette bêtise.   
Je ne doute pas que la bêtise collective existe. Cependant, au-delà de cette formule ordinaire, quand on parle d’intelligences, le propos est plus ambitieux et exigeant. Le mieux serait d’écrire au pluriel : intelligences partagées ou intelligences connectées.

mardi, mai 07, 2019

Stanislas Dehaene: la plasticité du cerveau

Stanislas Dehaene, Apprendre, éd. Odile Jacob, 2018.

Stanislas Dehaene étudie ce qu'il appelle "l'encodage" du cerveau.
"Lorsque l'apprentissage se prolonge, l'anatomie même du cerveau finit par s'altérer." (p.1444)
- La plasticité du cerveau diminue avec l'âge et "c'est parce que nos circuits se figent que nous gardons toute notre vie une trace synaptique inconsciente de certains apprentissages précoces." (p.164). 
Il parle négativement d'altérations des circuits synaptiques, alors que ce qui est en jeu, c'est la gestation normale, que ce soit celle des circuits qui s'adaptent en fonction de la vie quotidienne (ce qu'il appelle l'apprentissage du "cerveau statistique") ou  des expériences "sensibles", bonnes ou traumatisantes. Mieux dit: c'est la gestation des circuits synaptiques fabulatoires du nouveau-né, alors qu'il ne peut qu'imaginer sans concept son propre corps et le monde dans lequel il est immergé, en fonction de ses sensations et émotions. 

dimanche, mai 05, 2019

dimanche, janvier 13, 2019

Nous pensons avec des images


nous pensons avec des images et des liens familiers

La question n’est pas de savoir si nous pensons avec des mots ou avant les mots (Derrida, Lacan, etc.) Nous croyons penser abstraitement, mais nous pensons avec les métaphores des mots-images tant dans nos démarches pratiques que conceptuelles. La fonctionnalité des alphabets idéographiques, comme le chinois, nous le confirme. Nos fabulations sont générées avant le langage (comme le démontre le stade de l’infans).
Et notre logique, notre syntaxe ont été générées par nos liens familiaux, depuis le stade du carré parental, orchestrés par les structures de notre société d’appartenance (l’autre), qui peut être indivise et tribale, conjugale, de castes, de classes, de masse (ce qui fait varier le carré parental et les mythes qu’il génère).