tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel

dimanche, juillet 08, 2018

Où se situe notre inconscient? Freud ne le savait pas.




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Dans la compétition de nos innombrables connections neuronales, ce sont celles qui ont été le plus souvent actives aux stades successifs de notre développement fabulatoire qui l’emportent sur les autres, en quelque sorte marginalisées, et créent ainsi des matrices dominantes de notre activité psychique. Ainsi, des angoisses d’enfant peuvent devenir récurrentes à l’occasion d’événements de notre vie d’adulte parfois anecdotiques, mais qui les réactivent. Ces matrices peuvent donc créer des phobies, des addictions, la répétition par un adulte d’abus sexuels semblables à ceux dont il a lui-même souffert enfant. C’est une sorte de codage neuronal précis qui s’est inscrit dans notre cerveau depuis l’enfance, une mémoire neuronale prête à reprogrammer à la moindre occasion des émotions infantiles et les comportements qui s’en suivent.
On en retrouve l’effet dans nos rêves. Dans notre sommeil, ce sont ces mêmes inscriptions synaptiques dans nos réseaux neuronaux de nos fabulations infantiles qui déterminent les thèmes et les structures associatives de nos rêves d’adultes. C’est la raison pour laquelle nos rêves, alors qu’ils échappent au contrôle diurne et rationnel de nos émotions, réactivent des fabulations nées de nos émotions infantiles, désirs ou peurs anciens qui nous ont marqué. En ce sens, Freud a eu raison de s’intéresser à l’analyse de nos rêves.
On notera cependant que Freud, lorsqu’il descend à la cave chercher nos traumatismes, ne nous a jamais donné d’indications neuronales ou suggéré que notre inconscient serait dans telle ou telle zone de notre matière grise. Nous savons où est notre cœur ou notre estomac, mais il ne nous a jamais dit où pourrait bien se trouver notre psychisme, cet inconscient pourtant si encombrant. Voilà une situation bien embarrassante et pour le moins questionnable pour un médecin qui se fait passer pour un clinicien. Cela a favorisé les critiques sévères opposées à Freud, qui le rejettent pour fabulation ou littérature arbitraire. Et c’est sans doute ce qui a amené Lacan à chercher où peut bien loger cet inconscient, aboutissant faute de mieux, et sans que cela résolve le moins du monde le problème, à la surface, dans le langage, et à en jouer parfois comme un jongleur ou un funambule.
De notre point de vue de mythanalyste, c’est dans les innombrables réseaux neuronaux de notre cerveau que se situe notre inconscient, dans les itinéraires synaptiques les plus activés par les émotions et idées marquantes de notre biographie. L’inconscient est d’ordre biologique, constitué par une topologie synaptique, des fréquences et des intensités. Il est inscrit comme un circuit électronique dans notre cerveau et préprogramme nos fabulations. En d’autres termes, notre inconscient se situe dans notre mémoire programmatique. Et il est effectivement inconscient parce que nous ne sommes pas conscient de son existence neuronale qui « coule de source » pour nous, parce que ce marquage ou cette inscription s'est imposée à la plasticité de notre cerveau d'enfant et donc a pris une apparence spontanée ou naturelle.


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