tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel

lundi, juillet 09, 2018

Mythanalyse et psychanalyse: les échecs psychanalytiques



La mythanalyse postule que notre inconscient singulier réside dans notre mémoire programmatique qui s'est inscrite biologiquement dans nos réseaux neuronaux depuis le stade foetal de l'homo fabulator
La question qui se pose alors est de savoir dans quelle mesure la cure psychanalytique traditionnelle est capable de déprogrammer ou de reprogrammer cet inconscient qui résulte d'un marquage biologique dans notre cerveau. Aussi longtemps que l'inconscient flottait on ne sait où dans la cave de notre psychisme, il pouvait certes opposer une résistance au travail du psychanalyste et du patient. Mais son ancrage incertain pouvait laisser espérer qu'il soit peu enraciné et se soumette avec le temps à l'analyse, la cure psychanalytique étant seulement un jeu verbal.
Dès lors que la mythanalyse le situe dans les matrices dominantes de nos réseaux neuronaux, l'inconscient apparaît beaucoup plus ancré, comme un marquage physiologique électro-chimique que la parole aura de la peine à déloger, effacer ou surécrire avec de nouveaux récits constituant de nouvelles programmations.
C'est ainsi que peut s'expliquer l'échec fréquent des diverses thérapies psychanalytiques. 
La psychiatrie, qui rejette le bavardage de la psychanalyse le jugeant inefficace, voire éventuellement toxique, préfère donc offrir un traitement chimique au patient qui souffre de troubles psychiques.
La mythanalyse croit aussi à ce traitement chimique. Mais si elle envisage une thérapie spécifiquement mythanalytique, elle opte quant à elle, non seulement pour la prise de conscience par le patient des matrices fabulatoires constituées  successivement aux différents stades de leur marquage, mais elle recourt aussi à la puissance des mythes collectifs bienfaisants qui dominent les inconscients individuels et sont susceptibles d'entrer en résonance dynamique avec eux. Selon nous, eux seuls ont la puissance de déprogrammer et reprogrammer l'inconscient individuel, que le patient livré à lui-même et au psychanalyste ne saurait espérer "guérir" avec ses seuls références. 
Il est clair d'ailleurs que le psychanalyste traditionnel recourt implicitement pour aider son patient à des récits et des valeurs curatifs qui ne peuvent être que ceux des imaginaires collectifs bénéfiques dont il fait sa gouverne de thérapeute.

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