dimanche, avril 19, 2015

Notre aliénation ordinaire




«Ô Seigneur! Notre Père céleste, haut et puissant, Roi des rois, Seigneur des seigneurs, le seul Souverain des princes, qui contemplez de Votre trône tous les habitants de la Terre...» C'est ainsi que commençait la prière récitée au Parlement canadien avant le début de chaque séance jusqu'en 1994. Elle a été écourtée depuis, mais demeure en usage avec cette invocation : «Dieu Tout-Puissant, nous te remercions des nombreuses grâces que tu as accordées au Canada».
Il est difficile de déclamer plus fort son aliénation collectivement. On dit que les Grecs anciens croyaient plus ou moins à leurs dieux. Ils leur construisaient pourtant des temples magnifiques. Ils leur consacraient pourtant des rituels et des offrandes à chacune de leurs fêtes, chaque fois qu'ils avaient un problème ou célébraient une fête de famille. Nous faisons aujourd'hui de même, ni plus, ni moins. Nous construisons encore des églises, des mosquées et des synagogues. Les Grecs ont inventé le rationalisme. Nous en faisons une conduite naturelle de l'esprit. Nous sommes aussi superstitieux en fait que les Grecs ou les Égyptiens anciens. Râ, Zeus ou Dieu: du pareil au même, Ô divines fabulations humaines! Des aliénations que les hommes abandonnent difficilement et qu'on remplace à leurs risques et périls chez ceux qui en ont besoin. De ces dieux socialement institués par les grandes religions la mythanalyse observe des effets bienfaisants et des effets toxiques. Les effets pervers de ces grandes religions demeurent moins désolants que ceux des sectes et de leurs gourous.

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