tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel, mais il faut savoir choisir ses fabulations et éviter les hallucinations.

samedi, novembre 19, 2011

Étrange paradoxe


Le pragmatisme est un réalisme très limité, qui ne saurait vaincre l'imaginaire.

jeudi, novembre 17, 2011

Le CyberProméthée de Jacline Bussières


J'ai eu la surprise, à l'occasion d'une conférence que je donnais au Musée de la civilisation à Québec, de rencontrer Jacline Bussières, avec des photos d'un CyberProméthée en bronze, que lui a inspiré mon livre paru sous ce titre en 2003.
C'est une impressionnante sculpture, volontariste, iconique, qui affirme sa puissance brutale mais aussi sa doulour et comporte sa part d'ombre. Elle a deux faces, titanesque devant et cérébrale en arrière. Les lettres qui y sont gravées, dont le nom de CyberProméthée, évoquent notre pouvoir de création, d'abstraction, qui s'est traduit notamment par l'invention de l'alphabet phonétique, ancêtre des caractères mobiles de l'imprimerie de Gutenberg, puis du code binaire de l'informatique.
Les écrivains ont des lecteurs qu'ils ne connaissent pas. Je le regrette toujours. Voilà donc une belle rencontre.
La figure de CyberProméthée est plus actuelle que jamais. Ce Titan, qui créa, selon la légende, les hommes à partir d'eau et de terre - comme le dieu de la Bible - , puis leur donna le feu de la connaissance et de la fabrication après l'avoir volé à Zeus, symbolise la victoire des hommes sur Zeus, à l'inverse de la Bible, qui relate le bannissement d'Adam et Ève, et leur soumission à Dieu. Prométhée célèbre le travail, tandis que pour Adam et Ève, la nécessité de travailler à la sueur de leur front est une malédiction. Deux mythes qui s'opposent diamétralement, mais qui ont coexisté dans la civilisation occidentale. Résultat ironique: les aristocrates se targuèrent de ne pas travailler et d'avoir de l'argent grâce à leur naissance supérieure, tandis que les serfs et le peuple étaient condamnés au labeur. La bourgeoisie le fut aussi. Mais lorsqu'elle adopta la Réforme pour s'opposer à la religion catholique d'État, elle devint vite plus riche que l'aristocratie, car le protestantisme identifiait travail et piété, comme l'a souligné Max Weber.
Les mythes sont récupérés idéologiquement et politiquement pour le meilleur et pour le pire.

mercredi, novembre 16, 2011

Les grands récits mythiques


Les mythes nous immergent dans de grands récits cosmogoniques, que ce soient des mythologies animistes, polythéistes ou monothéistes. L'occident moderne a bâti son récit sur le Big Bang, qui se présente comme la création de notre univers. Ce récit scientifique est lié dans notre constellation mythique à la théorie darwiniste de l'évolution, ainsi qu'à l'épopée hégélienne de l'avènement chaotique de la Raison, donc du Progrès, qui s'annoncent comme notre futur accomplissement humain.

vendredi, novembre 04, 2011

Il n'y a pas de progrès en art


L'art véhicule les mythes. Il peut être aussi un interrogateur de mythes, un démystificateur. C'est le choix qui a fondé l'art sociologique dès le début des années 1970. Ce que j'appelais "l'hygiène de l'art", en est l'exemple. J'ai insisté dans cette démarche avec les panneaux de signalisation imaginaire "Art! Avez-vous quelque chose à déclarer?", et avec "La déchirure des oeuvres d'art".
En choisissant de reprendre les contre-empreintes de main des peintures préhistoriques sur mes toiles, je soulignais qu'il n'y a pas de progrès en art. Le mythe du progrès est étranger à l'art. Et c'est une erreur des arts numériques que de condamner les beaux-arts en les déclarant obsolètes au nom du progrès de la technologie.

jeudi, novembre 03, 2011

L'ombre


Il n'y avait pas d'ombre dans la peinture iconique du Moyen-Age. La symbolique de la noirceur renvoyait au diable. L'Église nous tournait vers la lumière divine. C'est la Renaissance qui l'a prise en compte dans son exploration du réalisme pictural. Pour autant, la représentation de l'ombre n'a pas depuis perdu cette symbolique. Le rationalisme aussi veut y "voir clair".
Sur ce tumulus ancien des autochtones américains à Marietta (Ohio), l'ombre portée de l'artiste s'incline et s'allonge la terre en descendant les marches de l'escalier. Une émotion le saisit, celle du compte à rebours qui l'entraînera dans la mort. (2010). L'imaginaire est plein d'ombres. Il est hanté par l'ombre.
L'ombre le regarde. Mais ce regard en pongée semble aussi se relever et se dresser vers son destin, vers une marche de lumière.
Voilà une image de l'homme bien différente, dans sa fragilité et dans sa force, du héros homardisé des images numériques que j'évoquais hier.

mercredi, novembre 02, 2011

le mythe de l’humanoïde homardisé


La science fiction, que ce soit dans les films, les jeux vidéo ou la bande dessinée, réactivent des monstres moyenâgeux aux cuirasses de homard. Cherchant à évoquer le futur, les créateurs reprennent toutes les formes les plus archaïques de notre imaginaire: animaux chimériques mêlant les organes de diverses espèces - queues, cornes, ailes, griffes et palmes, poil et écaille -, guerriers cuirassés, indigènes primitifs et bêtes hybrides de chair vive et de quincailleries vieillottes - tubes, gaines, boîtiers, engrenages, leviers, rotules, pistons et j'en passe.
Il semble bien difficile d'inventer un avenir inédit et faute de mieux on rafistole. Il est vrai que les réseaux numériques et les algorithmes sont invisibles et difficiles à représenter. Les univers qui se situent au-delà de la vitesse de la lumière échappent à nos sens aussi bien qu'à notre esprit.
La science-fiction est vieillotte et même archaïque. Notre imaginaire, pourtant, est obsédé par le futur!

mardi, novembre 01, 2011

L'imagination monumentale


Dessine un monument imaginaire pour ton quartier
Art sociologique au musée d'art moderne de Mexico, Evento social imaginario, La calle Adonde llega? 2003

lundi, octobre 31, 2011

mythanalyse du féminisme


Jacques Languirand a réuni une série de capsules vidéo dont celle-ci où je me risque sur un thème important: Mythanalyse des valeurs féminines: http://www.repere.tv/?p=12735

jeudi, octobre 27, 2011

le futur


Imaginer le futur. Nous y rencontrons nos mythes les plus actuels.

mercredi, octobre 26, 2011

Où va l'imaginaire ?


La calle imaginaria Adonde llega? Evento social imaginario, Museo de arte moderno, Mexico, 2002-2003

mardi, octobre 25, 2011

Evento social imaginario à Mexico


Un événement social imaginaire au Museo de arte moderno de Mexico: Où va la rue?.
En 1982 et 83, l'imaginaire de la société mexicaine. Ici la façade du musée transformée par le collectif mexicain avec des guirlandes de papel picado, des groupes de musique, de théâtre de rue, etc.

samedi, octobre 22, 2011

Sociedad mexicana


Rencontre avec le champion de lucha libre célèbre El Santo pour lancer l'enquête sur la société mexicaine Evento social imaginario, La calle Adonde llega? en 1982.

vendredi, octobre 21, 2011

Mythanalyse du jeu


Le jeu crée des gagnants et des perdants. Il introduit une loi dure dans une réalité molle. Il met en heu le destin, la chance, la tromperie, l'illusion. Il est chargé.Il simule la vie réelle. Il prétend en divertir, nous permettre de nous en échapper. Quelle illusion!

samedi, octobre 15, 2011

mythanalyse de l'indignation


Après les indignés du saccage de l'environnement, devenus les verts, ce sont maintenant les indignés des dérives spéculatives des financiers qui prennent la rue, occupent Wall Street et les autres places financières de la planète. Les Bourses sont devenues des salles de jeu, de violence spéculative cynique aux effets les plus pervers sur les économies. Ces dérives boursières tuent l'économie et le capitalisme. Les jeux d'argent passent aujourd'hui du rouge de l'encre à celui du sang.
Les enfants se révoltent contre la violence et l'injustice des parents qui les tuent, qui les réduisent au chômage et à la pauvreté. La révolte des jeunes dans les pays arabes a gagné la jeunesse de l'Espagne, de la Grèce et maintenant de New York et de toutes les places boursières. Ils sont prêts à répondre par la violence de la rue à celle des manipulateurs de l'argent. Les parents ont créé le chaos par leur cupidité irresponsable et les fils et filles se révoltent et exigent un nouvel ordre mondial.
Les pères ont été indignes. Bien sûr, je suis un indigné. Depuis des années. Et le moment vient enfin, peut-être, où les gouvernants les plus conscients pourront s'appuyer sur la rue pour imposer aux fauves de la finance la justice de la démocratie.

mercredi, octobre 12, 2011

La mythanalyse en question?


Nous affirmons plutôt qu'elle s'impose. Et elle questionne nos sociétés. J'ajouterai même qu'elle propose de choisir entre les mythes, selon qu'ils nous paraissent bons ou mauvais pour l'homme. Elle demande des réponses!

mercredi, septembre 14, 2011

mardi, septembre 13, 2011

l'eau

Celle qui dort, celle que je bois, celle qui féconde, celle qui transporte, celle qui relie, celle qui arrache, celle qui tue, celle qui brûle en vapeur, celle qui durcit comme de la pierre, qui râpe le bouclier canadien ou qui fond dans la bouche, cette eau qui est partout là où il y a de la vie, c'est une énergie renouvelable, une industrie, un enjeu de guerre. Une source inépuisable d'imaginaire, dont nous avons fait le plus ambivalent de tous les mythes. Une bénédiction. Une plaie. L'eau du déluge ne fut pas bénite.
Mythe maternel, plastique, protéen, dont la confusion, les contradictions, les incohérences disent bien le chaos de notre imaginaire.
Sans image aujourd'hui.

lundi, septembre 05, 2011

De l'optimisme


Le radicalisme de la critique des situationnistes ou de Jean Baudrillard, aussi lucide puisse-il paraître, est une voie sans issue et sans retour. Finalement un sophisme. Je lui préfère de beaucoup la critique nietzschéenne, tout aussi jusqu'auboutiste, mais qui célèbre la liberté créatrice.

jeudi, septembre 01, 2011

La diversité des cultures


Les cultures sont comme les écosystèmes de la nature, d'une grande diversité, en compétition, en vigueur, en transformation ou menacés d'extinction. Chacune est soutenue par une constellation mythique, qui est elle-même dynamique ou faible, conquérante ou soumise, optimiste ou fataliste. Oswald Spengler, analysant les destinées des civilisations comme des fleurs saisonnières ou vivaces, se rapprochait de cette notion actuelle d'écosystème culturel, dont l'imaginaire est porteur ou périclite. On pourrait ainsi développer une écologie des cultures et des systèemes mythiques qui les animent.

mercredi, août 31, 2011

Le paradoxe de l'imaginaire et du réel


Est-ce une sorte d'équilibre fragile de l'écosystème humain?
Est-ce la métamorphose continuelle d'un paradoxe permanent de notre espèce, qui stimule notre évolution?
Cela pourrait-il devenir une combinaison détonante, faute de détenir la sagesse collective de notre pouvoir instrumental en croissance accélérée?

En tous les cas un immense défi pour l'espèce humaine.