tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel, mais il faut savoir choisir ses fabulations et éviter les hallucinations.

mercredi, mai 18, 2011

mardi, mai 17, 2011

Définition de la mythanalyse?


La mythanalyse tente de repérer et de déchiffrer les mythes qui déterminent les imaginaires sociaux d'aujourd'hui. La théorie mythanalytique met en évidence la structure élémentaire du carré parental - le père, la mère, le nouveau-né, l'autre (la société) - pour expliquer le rôle des mythes dans la structuration de notre image du monde et de nous-mêmes, et l'émergence des idéologies dominantes. Se situant à proximité de la psychanalyse, de la sociologie et de l'histoire, elle s'en différencie pourtant nettement, du fait que la psychanalyse explore les biographies et les inconscients individuels, que la sociologie ne sait pas expliquer la gestation des imaginaires collectifs, et qu'à la différence de la mythologie, qui traite de l'histoire des mythes anciens, la mythanalyse s'intéresse aux mythes contemporains. Elle postule que les sociétés actuelles nourrissent autant de mythes que les sociétés anciennes.
Les mythes naissent, meurent et se transforment. Chaque société hérite d'une constellation mythique et opte selon son histoire pour des mythes fondateurs de son passé, de son présent ou de son futur. Si possible, elle se doit de choisir ceux qui légitiment les valeurs qui lui seront le plus bénéfiques. En ce sens, la mythanalyse fait oeuvre de lucidité critique et éventuellement de thérapie collective.

lundi, mai 16, 2011

Plusieurs big bang? Une rencontre avec Ilya Prigogine

Ilya Prigogine, Prix Nobel de physique, l'auteur célèbre de "La Nouvelle Alliance", avait accepté en 1994 ma proposition de venir à Montréal et à Québec comme invité d'honneur du Festival Téléscience que je dirigeais depuis 1990. Et il y donna deux conférences sur l'astrophysique. Il insistait sur la flèche du temps dans l'évolution de l'univers et s'opposait donc aux thèses de Stephen Hawking. Dans des conversations privées il m'exposa son hypothèse de plusieurs big bang dans l'histoire de l'univers, qui aurait pu connaître ainsi des cycles. On pouvait même imaginer que coexistent plusieurs univers, au-delà du nôtre, voire une infinité d'univers, connaissant chacun des cycles de big bang, comme il y a des étoiles qui naissent et d'autres qui meurent. C'est en fait ce que je pense.
Mais nous avons bien du mal à penser le multiple. Nous avons institué le monothéisme et nous imaginons un seul big bang, sur le modèle du père géniteur unique. Il y a là déjà de quoi occuper notre esprit au-delà de ses limites.
Mais c'est une pensée simpliste. Nous avons découvert progressivement qu'il y a plusieurs planètes, plusieurs étoiles solaires, plusieurs galaxies. Pourquoi pas plusieurs univers?
Notre esprit est dominé par la structure élémentaire du carré parental. C'est vrai dans une société basée sur la famille monoparentale. Mais nous avons connu des sociétés indivises, où la notion de père unique est élargie à la famille et au clan. L'oncle maternel y prend parfois plus d'autorité que le père biologique. Cela aussi, la mythanalyse le souligne, car elle fait la part de la sociologie dans son interprétation de la structure élémentaire familiale.
hf

dimanche, mai 15, 2011

mythanalyse des flux: on ne se baigne jamais deux fois dans le même numérique


Nous pensons l'énergie et même la matière comme des flux. Dans le couple énergie/matière, tout est flux corpusculaire, ondulatoire. La vie s'écoule, comme le temps, comme l'eau. La vie naît dans les liquides, les gaz, les vent, les cyclones. Les masses en fusion que recouvre la croûte terrestre s'épanchent, se répandent. Les rivières, comme la respiration établissent l'équilibre de leurs flux. Héraclite soulignait qu'on ne peut se baigner deux fois dans le même fleuve. Tout change, même lorsque le fleuve semble demeurer le même. La pérennité n'est que la lenteur du changement. La révolution son paroxysme.
Le corps est un système de flux, de liquides et d'énergies agrégés. Les flux ont leurs liens, physiques, chimiques, électriques. L'eau bombe au-dessus du verre plein, avant de se répandre. La roche se cristallise. L'évolution même de la nature se conçoit comme un flux, où la flèche du temps ne revient jamais sur son parcours. Il en est de même de l'extension de l'univers.
Mais on ne peut concevoir les flux sans les liens qui les organisent. Nous pensons par couples: matière/énergie, flux/liens, comme la conception de la vie, qui demeure la structure élémentaire de notre métaphore pensante.
Le numérique n'échappe pas à la métaphore des flux, du liquide et des liens.
On ne se baigne jamais deux fois dans le même numérique.

samedi, mai 14, 2011

L'affectivité des médias sociaux


Nous reproduisons dans les médias sociaux les mêmes comportements émotifs et utilitaires générés par le carré parental: affectivité, émotion, sentiments, mais aussi demande nourricière, frustration, exigence, hostilité, espoir et déception,libido, érotisme, haine, et pulsion de pouvoir.
Voilà la face obscure du rideau sur le devant duquel est brodée, en lettres lumineuses, la bannière : Nous avons beaucoup d'amis!

vendredi, mai 13, 2011

Les mythes que l'on choisit

La vie a le sens qu'on lui donne. Il faut donc choisir les mythes porteurs de sens. Le pessimisme implique la résignation, un sentiment d'impuissance, qui conduit au cynisme, au défaitisme ou à la jouissance immédiate. Choisir un mythe porteur de futur et d'accomplissement, un mythe qui inspire une croyance optimiste dans notre capacité de changer le monde, c'est choisir le sens que l'on décide de donner à la vie et à l'univers.
Il faut choisir ses mythes, sans fatalisme. Il y a de bons et de mauvais mythes.

jeudi, mai 12, 2011

Mexique


En 1982 avec El Santo, champion vedette de la lucha libre au Mexique, lors du lancement de mon enquête sur la société mexicaine. Art sociologique, une enquête développée en 1983 avec le Museo de arte moderno de Mexico sous le titre Où va la rue?

mercredi, mai 11, 2011

Les deux pôles de la pensée 2


(peinture acrylique sur toile, 2007)

mardi, mai 10, 2011

Les deux pôles de la pensée


La pensée linéaire et sa divergence en arabesque (souterraine). L'une gère, organise, dirige, logiquement, autoritairement; l'autre est fragile, intuitive, créatrice, risquée, marginale, discontinue" Elle changera le cours de l'histoire.

lundi, mai 09, 2011

Le mythe de l'avant-garde


Pourquoi cette course obsessionnelle vers la nouveauté quotidienne qui s'est emparée des artistes occidentaux dans les années 1960-1970? L'avant-gardisme est devenu la mesure et la légitimité de toute chose. Il n'y a pourtant pas de progrès en art.
(Performance dans la salle d'attente de la Gare Terminus de Lyon-Les Brotteaux, en 1979. Les trains arrivent, se succédant, mais repartent sur les rails qui les ont amenés.)

dimanche, mai 08, 2011

La calle ¿ A dónde llega?


Qu'est-ce que la société mexicaine?
Evénement social imaginaire réalisé en 1982-1983 au Museo de arte moderno de Mexico, sur le thème de l'imaginaire social et des mythes mexicains. Publié en 1984 aux éditions Arte y Ediciones, Mexico.
(Affiche d'une conférence débat qui a suivi à l'Ecole nationale des arts décoratifs.)

vendredi, mai 06, 2011

Kunst à la Documenta de Kassel, 1982: art et mythe

100 interventions de signalisation imaginaire en ville à Kassel (Allemagne), lors de la Documenta 7 de 1982, Sur cette photo, devant le Fredericianum

jeudi, mai 05, 2011

Le nombril d'Adam


La peinture religieuse représente toujours Adam avec un nombril, comme s'il était né d'une mère humaine. Michel-Ange, le peignant dans la Chapelle Sixtine, ne manque pas à la règle. Pourtant, le créateur divin ne le porta pas neuf mois dans ses entrailles. Un ami parisien, d'une grande culture scientifique aussi bien qu'artistique, m'en fit un jour la remarque.
Représentant le code-barre d'Adam, mon premier ancêtre, comme il se doit, je lui ai donc placé au bon endroit un petit pansement cache-nombril, par respect pour la sainte parole biblique. La papauté n'avait-elle pas mis des caches-sexe aux saints de ce vénérable lieu? Il serait plus orthodoxe d'oublier cette idée d'un cordon ombilical, qui aurait lié ce premier homme avec Dieu. Dans la Chapelle Sixtine Michel-Ange a plutôt représenté la création d'Adam par le divin doigt.
(peinture acrylique sur toile, 2010, collection Jean-Michel Arnold)

mercredi, mai 04, 2011

La vierge à l'enfant

Réécrire dans le langage actuel l'anthropomorphisme de notre théologie chrétienne. Peinture acrylique sur toile, 2000.

mardi, mai 03, 2011

Pensée en arabesque, variation

Autre variation, acrylique sur toile, 2007.

lundi, mai 02, 2011

Variations de la pensée en arabesque

Quatre variations - quatre peintures acryliques sur toile, 2007.

dimanche, mai 01, 2011

La pensée en arabesque

L'autoritarisme de la pensée linéaire, vectorielle, masculine, phallique s'oppose à la pensée en arabesque, toute en courbes féminines, en exploration flexible qui lie des points sensibles. La cascade linéaire va au plus court, sans déroger, liant le pareil au même exclusivement, tandis que la pensée en arabesque prend son temps, revient sur ses pas, tournoie, cherche l'imprévu dans le creux, intègre l'hétérogène.
Ce sont deux pôles de la pensée que nous combinons ou alternons, dans une posture masculine-féminine face au monde. Ces deux modes de pensée renvoient aux deux figures du père et de la mère dans le carré parental qui constitue notre structure élémentaire d'interprétation du monde. C'est leur combinaison qui est féconde, comme dans la biologie de la vie.
hf

samedi, avril 30, 2011

Le corps sociologique

Gina Pane et Michel Journiac s'accordaient à souligner la dimension sociologique de l'art corporel, dont ils ont été les principaux représentants en France dans les années 1970. Il est vrai que François Pluchart, critique d'art engagé personnellement dans l'art corporel et fondateur du magazine ARTITUDES tendait à penser de même. Il a d'ailleurs soutenu avec beaucoup de détermination l'art sociologique. Nous voici donc ici, en 1974, chez lui à Saint-Jeannet, où il nous avait réunis pour débattre des liens que nous pourrions développer entre nos deux mouvements. J'étais très ouvert à l'idée. Cependant nous nous sommes rapprochés, souvent rencontrés, mais sans fusionner, préférant notre liberté d'action aux stratégies de pouvoir du micro milieu.
Il demeure que Gina Pane et Michel Journiac, à la différence de beaucoup d'autres artistes de l'art corporel aux Etats-Unis et en Europe, considéraient le corps comme un matériau social, intime et biographique, certes, mais surdéterminé par la culture et l'idéologie collectives. Et c'est pour cette raison qu'ils en firent aussi un matériau d'expression, dont nous pouvions partager socialement le langage, même selon ses inflexions les plus individualistes.
Le carré parental qui constitue la structure élémentaire de nos identités, est bâti sur les liens entre l'individu naissant, la mère, le père et l'autre - c'est-à-dire le langage social, comme l'a souligné Lacan. Art sociologique et art corporel étaient donc fondamentalement liés, encore plus liés que nous n'en avions conscience à l'époque. Et c'est pour cela, pour cette raison théorique, que je regrette aujourd'hui de n'avoir pas insisté pour nous rapprocher davantage. hf

vendredi, avril 29, 2011

Père et fille



Lors d'une signalisation imaginaire à Angoulême en 1980, j'ai multiplié dans la haute ville les écriteaux "Père" (flèche directionnelle) et "Fille" (rectangle), en les accolant souvent aux panneaux existants "Paris" et Angoulême", pour suggérer une projection du rapport familial "Père"/"Fille" sur les relations entre la capitale et une ville régionale de France.
Dans les grands carrefours routiers en bas de la ville, des panneaux isolés "Père" ont immanquablement été lus par des chauffeurs de gros camions de fruits et légumes se dirigeant vers la capitale comme l'indication à suivre pour rejoindre Paris. Comme ces panneaux "Père" conduisaient en fait vers la haute vielle ville d'Angoulême, ces poids-lourds ont rapidement bloqué les petites rues anciennes, créant un désordre inextricable. La police appelée au secours pour remettre les camions dans la bonne direction, eut beaucoup de mal à comprendre la cause et à remédier aux effets pervers de cette petite expérience pratique de mythanalyse.
hf

jeudi, avril 28, 2011

Art et mythe

Devant la façade du Museum Fredericianum où se tient régulièrement la Documenta de Kassel, en Allemagne, cet écriteau triangulaire jaune avec masque et gants de protection rappelle que l'art et les mythes sont une matière dangereuse, qu'on ne saurait manipuler sans protection. A vrai dire, ce sont les mythes, par leur puissance, qui peuvent être les plus redoutables et pernicieux, ou bénéfiques. L'art est puissant et il peut lui aussi changer le monde. Mais rarement en mal.
En cette années 1982, j'avais installé une cinquantaine de panneaux de ce type dans la ville de Kassel et organisé avec Klaus Staeck, Richard Martel et Horst Wegman un atelier franco-québéco-allemand sur l'engagement politique de l'art, qui se tenait précisément dans le grenier du musée, derrière ce fronton néoclassique.
hf