mercredi, avril 29, 2015

Dieu ou la Nature



Pour Spinoza, le philosophe que j'admire le plus, Dieu c'est la nature. La Nature, c'est ce qu'on appelle Dieu. Fondateur du matérialisme théologique (si je puis dire) sans l'avouer, pour échapper à la vindicte qu'il avait déjà subie, il a bâti sa philosophie sur cette vision désaliénée.
Depuis, il est devenu plus facile d'en parler, et nous pouvons comparer les vices et vertus de la religion et du matérialisme philosophique sans être poursuivi; Il est même permis de douter que les monothéismes et les guerres de religion auxquelles ils ont donné lieu, constituent un progrès si évident qu'on l'affirme communément par rapport aux cultes de la Nature. Il n'y a pas moins de superstition dans les religions monothéistes que dans les cultes de la nature. Il y a sans doute plus d'aliénation dans la croyance en un Dieu que dans la célébration de la nature. Le simple fait qu'on puisse aisément plaider autant en faveur de la nature que d'un dieu, permet de penser que la question se pose légitimement.
Les deux mythes, celui de la Nature et celui d'un Dieu, comportent tous deux des aspects bénéfiques et des aspects toxiques pour l'humanité. Les cultes de la Nature ont pour eux une grande diversité peu propice à créer des empires, à la différence de l'islam arabe et du catholicisme occidental porteurs tous deux d'intégrisme. Ils ont cependant créé aussi des tueries ethniques, dans la mesure où ils sont plus identitaires que les grandes religions. Le cas du judaïsme est évidemment à part. Globalement, je tendrai à penser que la fin des monothéismes serait bénéfique. Et puisque l'athéisme demeure une solution  qui a du mal à s'imposer, un retour à la diversité des cultes de la nature vaudrait mieux pour nous tous que le maintien des grands empires religieux.
Je me sens moi-même spinoziste, matérialiste panthéiste. Je trouve plus de spiritualité, d'autonomie et de paix dans une forêt que dans une église.J'aime mieux les odeurs de la végétation que  l'encens des églises. Je ne ressens jamais dans la nature l'aliénation qui suinte des voûtes des églises. J'aime mieux parler aux arbres et aux roches qu'à des prêtres.

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