mardi, mars 17, 2015

La naissance du monde et les organes fabulateurs de l'infans





Le nouveau-né au début de sa vie extra-utérine ne fait pas de distinction entre son corps et le nouveau monde qui naît à lui. C'est à travers son corps qu'il perçoit un magma confus, ce sont les ouverture les plus actives de son corps aux sensations de ce nouveau monde qui sont les organes d'interprétation de toutes ses perceptions. C'est d'abord par les yeux, les oreilles, la bouche qu'il commence à interpréter ce monde naissant. Ce sont ses premiers organes fabulateurs, animaliers, dont demeurera une tendance fondamentale persistance plus tard à fabuler le monde selon un mode anthropomorphique. D'autres organes y contribuent aussi, qui sont les plus sensiblement actifs pour lui: l'estomac, l'anus, la vessie. Freud a certainement eu raison de souligner l'importance du stade anal dans les relations entre le nouveau-né et les parents. Mais il ne faut pas sous-estimer pour autant l'importance tout aussi déterminante de la bouche, des yeux, de l'estomac. Ce sont des paramètres structurants des premières interprétations fabulatoires de la naissance du monde, qui comptent au nombre des «structures anthropologiques de l'imaginaire», si je reprends ici l'expression de Gilbert Durand.

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