dimanche, août 24, 2014

Le sommeil, comme régression fœtale (1)


Le sommeil, qu'on y aspire, qu'on s'abandonne délicieusement, qu'on le redoute comme un simulacre de mort, ou qu'on le recherche en vain, peut être interprété comme une régression fœtale.
Hors du contrôle de la veille, le psychisme archaïque y reprend ses droits et soumet le dormeur aux figures et aux liens synaptiques originels, ceux du carré parental de sa naissance, tout autant qu'à leur incarnation dans le décousu des événements marquants de sa vie adulte. Rêves et cauchemars peuvent donc se répéter d'une  nuit à l'autre, quasiment dans les mêmes séquences, ou se décliner diversement. Ces récits confus qui s'animent dans le sommeil sont la preuve même que les fabulations mythiques originelles qui ont marqué le psychisme de l'infans alors que le monde naissait à lui, sont demeurées inscrites dans son cerveau et sont même devenues les structures mêmes de son fonctionnement psychique. Ainsi s'explique aussi la pérennité de certaines figures, de certaines syntaxes fabulatoires qui vont résonner dans les mythes sociaux actuels et assurer leur puissance imaginative. C'est ainsi que se mêlent et se renforcent entre eux l'oubli et le refoulement des fabulations mythiques originelles et des traumatisme biographiques individuels qui exercent leur puissance dans la vie personnelle autant que sociale de chacun d'entre nous depuis la naissance jusqu'à la mort.
L'affaiblissement de l'état de veille et des contrôles qu'il exerce sur notre vie psychique, alors que nous nous endormons, redonne toute sa puissance au psychisme originel fœtal et postfœtal  (développé pendant les mois d'avant la naissance et pendant la première année de l'infans. Le sommeil est un rythme biologique, qui permet la réactivation régulière des fabulations originelles, livrées à elles-mêmes et nous à elles.

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