lundi, février 10, 2014

La vie n'est pas un jeu vidéo

Signalisation imaginaire - 50 panneaux dans la ville de Montauban en 1982 

Nous ne pouvons pas nous abandonner à l’agitation brownienne de l’humanité. Le temps n’est plus de cultiver le fatalisme comme dans la tragédie grecque ou dans l’Islam. La vie n’est pas non plus un jeu vidéo où tout serait permis et tout serait indifférent. On ne peut pas recommencer plusieurs fois la partie pour s’amuser. Nous ne jouons qu’une fois et il faut gagner.
Nous ne pouvons pas persévérer dans la crise postmoderne et le désenchantement cynique qu’elle a provoqué, comme si c’était désormais une base permanente de notre évolution. Nous ne pouvons pas nous résigner seulement  à célébrer notre intelligence démystificatrice. Nous ne pouvons pas opter seulement pour la lucidité. Il nous faut adopter des croyances. On pourra les juger ingénues, simplistes d’optimisme confit, mais nous n’irons nulle part, comme s’y résignent les postmodernes, si nous ne commençons pas par croire en nous-mêmes. Serons-nous capables d’opter ingénument et en assez grand nombre, pour construire le progrès humain?
Le temps n’est plus de jouer au magicien, ni de se prendre pour des chamans, ni d’épater le public avec des jeux de cartes truqués, ou même avec un ordinateur. Il faut en finir avec les illusions et avec l’illusionnisme, qu’il soit archaïque ou numérique. A quoi cela servirait-il de repérer et d’élucider les grands mythes du numérisme, d’en décrire la puissance magique, encore plus grande que celle des anciens chamans, à quoi cela servirait-il, si la mythanalyse n’avait qu’un but théorique de démystification ? La mythanalyse est aussi une pratique dénonciatrice, qui exige l’engagement éthique et l’action. 

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