lundi, mai 27, 2013

Soleil noir - soleil nocturne




Le numérisme est devenue une sorte de religion pour les uns, une drogue pour d'autres, un outil trivial, mais magique pour les presqu'athées. Et pour les païens une technologie prométhéenne. Ce serait pour les Incas l'effet même du dieu Soleil. Il réchauffe nos psychés, ou les désole s'il ne se manifeste pas sur nos écrans fidèles et impatients. Nous sommes devenus une planète du Soleil numérique: e-earth, comme nous appellent les prêtres de cette nouvelle foi. Notre Voie lactée ruisselle d'étoiles numériques que guettent les orpailleurs.
Soleil d'or? Soleil bleu ? Soleil dont l'éclat noir nous aveugle? Soleil sinistre qui annonce notre catastrophe finale? Soleil de la magie noire dont nous manigançons quotidiennement les algorithmes? Soleil de Faust?
Soleil nocturne? Celui de nos angoisses, de nos rêves, de nos cauchemars et de nos insomnies?
Lorsque les hommes créent un dieu, c'est qu'ils en attendent quelque chose. Quelque chose d'important, de fondamental, qui concerne leur origine ou leur destin. De ce nouvel astre divin, nous, les païens, attendons la réalisation de notre instinct de puissance. Pour recréer le monde à notre image. Les monothéistes lui délèguent leur intelligence, leur âme et en attendent leur salut personnel et des promesses de paradis dans l'autre monde, le virtuel, comme ils ont toujours fait. Les postmodernes, qui ne croient plus à rien, n'en attendent que jouissance immédiate ou résignation.
L'astrophysicien-poète Hubert Reeves dit que nous sommes "fils des étoiles". Homines numerici.  Mais ce soleil qui brille dans notre nuit n'est que notre création humaine, notre reflet, le porteur de nos espoirs, de nos cupidités, de notre instinct de plaisir et de mort. Eros - Thanatos -Prométhée. Et ce n'est que le début d'une puissante mutation binaire qui nous entraînera au-delà de toutes nos prévisions, vers des divergences encore impensables.
La mythanalyse du numérique est un grand sujet d'analyse des paramètres de l'aventure humaine. Elle n'est qu'un chapitre actuel de la mythanalyse de la magie.

Aucun commentaire: