mardi, juin 21, 2011

L'obscurité du monde


Aujourd'hui 21 juin, solstice d'été dans l'hémisphère Nord. Le jour le plus long de l'année, la nuit la plus courte. Un évènement du calendrier que les humains ont toujours célébré magiquement, religieusement, socialement, tant la symbolique de notre interprétation du monde en dépend. Entre l'obscurantisme et les Lumières, la superstition prêtée aux primitifs et la lucidité revendiquée par les modernes, nous n'en finissons pas d'interpréter la lumière et de prêter à l'obscurité des maléfices qui nous effrayent.
La mythanalyse de la lumière ne peut s'écrire qu'au regard (sic!) de l'obscurité. La nuit n'est pas qu'une absence de lumière. Elle est un autre univers, habité, hanté par les esprits, peuplé de fantômes, monstres grouillants. Dans cette image binaire d'un univers manichéen - on/of - oui/non - nous retrouvons toutes les figures de nos inconscients, individuels ou collectifs. Dieu et le Diable, notre vie active et nos rêves ou cauchemars. Notre univers est noir et blanc. Une structure visuelle fondamentale de notre cosmogonie qui se reflète aussi bien dans notre logique rationaliste que dans nos dérives racistes.
Et qui serions-nous, comment penserions-nous, si la nuit n'existait pas? Si nous ne dormions pas? Si la nuit ne protégerait pas notre sommeil? Beaucoup d'autres d'espèces vivantes s'en accommodent très bien. Du moins s'accommodent très bien de la noirceur. Mais en existe-t-il qui ne connaissent que la lumière? Les anges? Les esprits des morts qui ont rejoint Dieu?
Sans doute Dieu ne dort-il jamais! Et ceux qui ont le privilège de partager sa lumière non plus. Sans être théologien, je suppose qu'il n'y a pas de nuit au Paradis.

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