tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel, mais il faut savoir choisir ses fabulations et éviter les hallucinations.

mercredi, mars 18, 2015

C'est le monde qui naît à l'enfant et non l'inverse



La naissance du monde, qui est l'objet de tant de mythes, se répète diversement à la naissance de chaque humain. Cette expérience physiologique, dont nous faisons tous l'expérience intime et traumatisante est beaucoup plus déterminante de nos imaginaires que toutes les hypothèses de la science astrophysique. C'est dans cette naissance individuelle du monde qui vient à l'infans qu'il faut chercher l'origine biologique, infantile ds mythes de la naissance du monde.

mardi, mars 17, 2015

La naissance du monde et les organes fabulateurs de l'infans





Le nouveau-né au début de sa vie extra-utérine ne fait pas de distinction entre son corps et le nouveau monde qui naît à lui. C'est à travers son corps qu'il perçoit un magma confus, ce sont les ouverture les plus actives de son corps aux sensations de ce nouveau monde qui sont les organes d'interprétation de toutes ses perceptions. C'est d'abord par les yeux, les oreilles, la bouche qu'il commence à interpréter ce monde naissant. Ce sont ses premiers organes fabulateurs, animaliers, dont demeurera une tendance fondamentale persistance plus tard à fabuler le monde selon un mode anthropomorphique. D'autres organes y contribuent aussi, qui sont les plus sensiblement actifs pour lui: l'estomac, l'anus, la vessie. Freud a certainement eu raison de souligner l'importance du stade anal dans les relations entre le nouveau-né et les parents. Mais il ne faut pas sous-estimer pour autant l'importance tout aussi déterminante de la bouche, des yeux, de l'estomac. Ce sont des paramètres structurants des premières interprétations fabulatoires de la naissance du monde, qui comptent au nombre des «structures anthropologiques de l'imaginaire», si je reprends ici l'expression de Gilbert Durand.

samedi, mars 14, 2015

La dimension anthropoÏètique de la mythanalyse


Pierre Ouellet

Certes, dans le carré parental, l'autre (la société), ce que Pierre Ouellet appelle la dimension anthropoïètique de la fabulation mythique, qui détermine des variations évidentes de l'inconscient collectif selon les sociétés.  Il n'existe pas d'invariants dans les mythes. C'est là une fabulation qui relève du mythe de l'unité fusionnelle. Je m'oppose radicalement à Jung et à tant d'autres mythographes qui ont recherché inlassablement à nous imposer cette vision qui leur donnait l'impression de construire une science universelle de l'imaginaire. Certes, les imagos du père et de la mère sont présentes dans toutes les cultures, car elles sont biologiquement actives dans toutes les naissances humaines. Mais là encore, leurs interprétations varient tellement selon les sociétés, qu'elles ne sauraient constituer des «archétypes» invariants ou, comme ils disent, universels.

vendredi, mars 13, 2015

L’alchimie du market art


Tweet monnaie


A force de suivre la fièvre de l’art market, c’est donc aujourd’hui du « market art » qu’il faut parler, tant l’alchimie qui s’est imposée entre l’art et l’argent a transformé la fonction de l’art dans la société. Le temps est-il révolu de l’art qu’on admirait pour sa poésie, son esthétique, ses thèmes, son style ? Oui, ce qui nous fascine désormais dans l’art semble être plus que tout sa cote sur le marché international de l’art.
Faut-il le regretter ? Peut-être, mais c’est loin d’être sûr. Faut-il s’en indigner ? Oui, si l’on s’indigne des excès du capitalisme. Faut-il l’accepter comme un fait de société que l’on observe objectivement ? Oui, si l’on est sociologue. Oui et non si l’on est mythanalyste. Faut-il s’en réjouir ? Malgré les effets pervers, j’affirme que oui, si l’on croit à l’importance fondamentale de l’art dans les sociétés humaines. Rien ne peut davantage confirmer l’importance du mythe de l’art que cette valeur financière que nous lui reconnaissons aujourd’hui, dans notre monde actuel où l’argent a pris la relève de la religion et est devenu l’être suprême. La magie de l’art rivalise avec la sorcellerie des vieux chamans. Elle est même plus efficace. Et la légitimité que le capitalisme prétend obtenir avec la célébration de l’art vaut bien celle qu’y recherchait jadis les rois, les papes, les chefs de guerre. Elle est même beaucoup plus acceptable, beaucoup moins aliénatrice. Et mis à part la volatilité inévitable des cotes boursières de plusieurs de nos artistes actuels, on lui doit aussi la reconnaissance publique de l’immense valeur des œuvres d’artistes maudits, méprisés de leur vivant, morts dans la misère comme Van Gogh ou Gauguin. Lorsque c’est Jean-Michel Basquiat, le marginal d’origine haïtienne de New York mort dans la détresse à 30 ans qui est devenu dans les années 2010-2011 l’artiste le plus coté au monde, qui reprochera au market art de compenser la misère qu’a connu un artiste avant son « quinze secondes de gloire »..
Cette alchimie actuelle de l’art en argent et vice-versa vaut mieux que celle de jadis qui prétendait changer le plomb en or. Elle transforme le génie humain d’immenses créateurs que nous n’avions pas toujours su reconnaître de leur vivant en millions de dollars. Cette issue matérielle est-elle détestable, en comparaison de la gloire de Dieu et de puissants auquel on identifiait jadis l’art ? Disons que cette alchimie est beaucoup plus humaine, lucide – et équitable.
Que ce soient de grands capitalistes qui en profitent est finalement secondaire, voire anecdotique par rapport à cette célébration contemporaine du mythe de l’art. Que ces grands capitalistes s’en servent de placement et les mettent dans des coffre forts ou dans des ports francs, voire qu’ils s’en servent pour échapper au fisc ou pour le blanchiment d’argent demeure anecdotique en comparaison de cette reconnaissance incroyable de la valeur humaine de l’art. De toute façon, ils donneront finalement à des musées ces œuvres dans lesquelles ils ont investi tant d’argent, voire ils construiront des musées pour donner accès à tous à ces œuvres qu’ils ont eu le pouvoir d’acheter.

Que plusieurs mauvais artistes, mais plein de talent entrepreneurial s’inscrivent eux aussi au sommet de ce palmarès capitaliste demeure tout autant anecdotique. Ce sont les riches collectionneurs qui les ont achetés, ni vous, ni moi. Et la postérité saura faire ses choix. Quand nous reprochons aujourd’hui à de grands musées publics de dépenser l’argent des contribuables pour acheter des œuvres qui ne vaudront plus grand-chose dans un futur proche, nous oublions que ce genre d’erreur a toujours été monnaie courante par le passé. Les entrepôts de nos musées  ne regorgent-ils pas d’œuvres aujourd’hui jugées insignifiantes d’artistes très prisés et célébrés de leur vivant par les institutions et les collectionneurs ? Il faut ici faire la part inévitable des choses faute du recul que seul pourra donner le temps. L’Académie française ne fait pas mieux avec le choix de ses écrivains.

jeudi, mars 12, 2015

La mythanalyse se conjugue au futur antérieur



En publiant Mythanalyse du futur sur le Net en 2000 (www.hervefischer.net), je souhaitais insister sur la différence entre les recherches des mythographes qui interprètent les mythologies du passé et le choix délibéré que je me proposais d'étudier les mythes actuels. Christian Gatard a retenu la même option dans son livre intitulé Mythologies du futur (L'archipel, Paris, 2014). Selon moi, l’origine des mythes se trouve dans le futur antérieur, en ce sens que leurs récits se structureront et s’écriront à l’âge adulte à partir de l’expérience fabulatoire de l’infans dans le carré parental avec la mémoire des imagos et selon la syntaxe synaptique inscrite dans la mémoire inconsciente des fabulations fondatrices de l’infans. L'origine biologique infantile des structures de la fabulation mythique constitue le postulat déterminant d'une mythanalyse athée et matérialiste. C'est la différence radicale qui m'oppose à la théorie jungienne. 
Cette antériorité biologique, infantile de la fonction et des structures fabulatoires de l’homme, qui s’inscrit durablement dans son psychisme, dans ses réseaux synaptiques déterminera tous les récits mythiques à venir. 

mercredi, mars 11, 2015

L'art et l'argent


Tweet money 

L'art et l'argent constituent une configuration mythique aujourd'hui triomphante. L'art a toujours été lié au pouvoir, à sa légitimation ou, dans les moments de rébellion, à sa contestation. Les rois, les papes, les chefs de guerre, les marchands et aujourd'hui les  spéculateurs n'ont cessé d'utiliser l'art pour asseoir leur pouvoir. Le capitalisme a pris la relève des grands systèmes de pouvoir précédents. Il est devenu l'algorithme des relations sociales, leur structure même et leur mode opératoire. On peut le déplorer, mais ce système est moins détestable que ne le furent les pouvoirs sans limites des religions et des dictatures armées. 
Il est logique que les collectionneurs les plus puissants se construisent à eux-mêmes des musées pour y exposer leurs icônes, comme jadis les religions construisaient des temples à leurs dieux et appelaient les meilleurs artistes à les embellir. Certes l'art actuel de ces nouveaux musées privés qui se multiplient n'a plus la valeur pédagogique des vitraux et des peintures de jadis, qui illustraient le catéchisme pour le peuple analphabète. Compréhensible aux seuls initiés, l'art d'avant-garde apparaît au grand public comme un mystère qui renforce l'aura des grands prêtres du capitalisme. 
Rien de bien nouveau donc, en termes de mythanalyse des rapports entre l'art et le pouvoir. Il en a toujours été ainsi. Leur déclinaison actuelle, nous l'appelons le "market art", un art créé par des artistes experts en marketing, capables de concevoir des produits ajustés aux exigences du marché spéculatif de l'art. Le market art se renforce en s'appropriant aussi à coups de dizaines de millions des œuvres d'artistes antérieurs, jadis célèbres ou, mieux encore, misérables comme Gauguin ou Van Gogh mais dont le capitalisme triomphant reconnaît la valeur avec des records d'enchères. Jeff Koons achète des peintures anciennes avec les millions de la vente de ses inflatable rabbits and dogs (une judicieuse assurance  pour l'avenir de sa fortune personnelle).
Cette alchimie contemporaine qui permet allègrement de changer l'art en argent et vice-versa n'est-elle pas plus rationnelle et plus productive que l'ancienne alchimie qui s'entêtait à transmuter le plomb en or? 
Ceux qui s'en offusquent et qui dénoncent ce market art devraient plutôt se réjouir de voir aujourd'hui le capitalisme qu'ils déclarent honnir rendre un tel hommage à l'art qu'ils veulent eux aussi adorer? Dans tous les systèmes sociaux l'art a joué un rôle fondamental, à la mesure du puissant mythe de la création qu'il incarne. Le capitalisme lui aussi n'est-il pas devenu "créateur"? La Banque Fischer en atteste et bat monnaie en son nom. 

mardi, mars 10, 2015

Lancement du site www.mythanalyse.org


Le site de la Société internationale de mythanalyse a été mis en ligne. Vous trouvez donc désormais en haut de ce blog, à droite, un lien qui renvoie à la page d'accueil du site.
Bonne lecture. Et n'hésitez pas à nous contacter.

samedi, février 28, 2015

Colloque de Montréal : Puissances symboliques et fabulations mythiques dans les imaginaires sociaux



Puissances symboliques et fabulations mythiques
dans les imaginaires sociaux

Mythanalyse et anthropoïétique

Rencontre internationale
organisée par Hervé Fischer et Pierre Ouellet
et soutenue par
La Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique
de l’Université du Québec à Montréal
Le groupe en recherche-création Puissance des signes (FQRSC)
Le CÉLAT (Centre interuniversitaire d’études en lettres, arts et traditions)
et la Société internationale de mythanalyse

23 et 24 avril 2015
Maison Ludger-Duvernay, salon Jacques Viger
82, rue Sherbrooke Ouest, Montréal


PROGRAMME


Jeudi 23 avril

9h00    Mot de bienvenue

Genèse du mythe et portée du signe

9h10    Hervé Fischer (artiste et philosophe multimédia : conférence) :
                        L’origine des mythes
9h40    Pierre Ouellet (chercheur et écrivain : conférence)
                        Puissance des signes : un néo-totémisme ?
10h10  Débats

10h30 Pause

Mythes et symboles à l’ère de la cyberculture

10h45 Jean-Pierre Vidal (sémiologue et écrivain : conférence)
Le signe claquemuré : privatisation de la référence et repli autiste. Une nouvelle économie symbolique ?
11h15  Didier Coste (écrivain et théoricien de la littérature : conférence)
                        De l'impuissance symbolique : tentative de désenchantement
11h45  Débats

12h00  Repas

L’art et ses mythes

14h00  Christian Gatard (sociologue, prospectiviste, écrivain : conférence) :
L’allégeance rebelle
14h30 Luc Dellisse (écrivain, essayiste : conférence) :
                        Sortir du temps : un mythe d’écrivain
15h00 Débats

15h15  Pause

Mythes de l’éveil, l’éveil aux mythes

15h30 Antoine Volodine (écrivain : intervention)
                        Formes étranges, méduses demi-ciel, écoutez !
15h50  Guillaume Asselin (écrivain et essayiste : intervention)
                        Penser d'origine. La source mythique
16h10  Filippo Palumbo (philosophe : intervention)
                        Le thé du Chapelier fou : irruptions dionysiennes
16h30  Débats

17h30  Cocktail, buffet

19h00 Fabula : musiques, lectures, performances (Chapelle historique du Bon-Pasteur)


Vendredi 24 avril

Puissance de la fiction

9h00    Éric Clémens (philosophe et écrivain : conférence)
                        Du mythique au fictionnel : notre triple approche du réel
9h30    Alexandre Prstojevic (essayiste, critique : conférence)
                        Crise de la culture et nouveaux régimes de narrativité
10h00 Débats

10h15  Pause

Revenance et survivance

10h30  Alain Fleischer (artiste et écrivain : conférence)
                        La revenante et le survivant
11h00 Matthieu Brouillard (artiste et philosophe : intervention)
                        Spectres plastiques: du corps individuel dans ses rapports avec la mimique 
11h20  Magali Uhl (philosophe et sociologue : intervention) (avec Estelle Granbois-Bernard)
Veiller les décombres. Traces et survivances dans la photographie de ruines urbaines
11h40  Débats

12h00 Repas

Mythe et politique

14h00  Christian Saint-Germain (philosophe, poète : conférence) :
L’effondrement mythologique du projet national québécois
14h30  Sylvie Dallet (philosophe, historienne, artiste : conférence) :
                        Charlie Hebdo et l’âme française
15h00  Yannick Lebtahi (sémiologue et médiologue : conférence)
La fiction  comme « monnaie » du réel
15h30  Débats

15h45  Pause

Puissance mythique et création

16h00  Jean Delsaux (artiste et essayiste : intervention)
                        Rituel et technologie
16h20  Pascale Weber (artiste et essayiste : intervention)
                        Corps et arbres : dans les bras d’un géant
17h00  Maxime McKinley (compositeur, musicologue : intervention)
Musique et interlocuteurs imaginaires : le compositeur comme homo fabulator
17h20 Débats

17h45  Mot de clôture





FABULA
Musiques, lectures, performances

Chapelle historique du Bon-Pasteur
23 avril
de 19h00 à 21h00


Maxime Mckinley (compositeur) :
            Wirkunst-Forum (Trio Fibonacci) (12 minutes)
Antoine Volodine (écrivain) :
            Terminus radieux, lecture (10 minutes)
Hantu (Pascale Weber et Jean Delsaux, artistes) :
Entre-monde, performance et projections vidéos (15 minutes)
Éric Clémens
            Mythe le rythme. De la dénature des choses, lecture (10 minutes)
François Gagnon (poète), Pierre Ouellet (écrivain), Christine Palmiéri (artiste) et Mariza Rosales-Argonza (artiste) :
Forêt vive, performance, projection vidéo et lectures (15 minutes)
Alain Fleischer (écrivain) :
Alma Zara, lecture et projection vidéo (L’homme dans les draps) (10 minutes)
Maxime Mckinley :
            Mauricio : hommage à Kagel (Trio Fibonacci) (12 minutes)








dimanche, janvier 11, 2015

Le mythe de l'universalisme qui transcende la célébration de la diversité culturelle



Le mythe du progrès s'oppose à celui du fatalisme qui surplombe l'islam. Il faut savoir choisir les mythes porteurs d'espoir.

lundi, janvier 05, 2015

Quatre idées en gestation



La simultanéité des pages d'histoire (postmodernité synthétique)
Le vitalisme de l'univers : le nouveau paradigme en gestation
L'imaginaire débridé du numérique : le paradoxe de notre époque
Le labyrinthe de la Tour de Babel : la Fondation Louis Vuitton de Neuilly n,est pas un musée, mais une tour symbolique de notre époque conçue par Frank Gehry et Bernard Arnault

jeudi, janvier 01, 2015

Les structures anthropologiques de l'imaginaire sont d'origine infantile



C'est dans le carré parental de l'infans que se constituent les matrices des premières fabulations du nouveau-né. C'est là que se forment les structures de l'imaginaire que Gilbert Durand a repérées et répertoriées dans les grands courants mythologiques indoeuropéennes et qu'il a appelées "anthropologiques". Ces premières schématisations intenses et polarisées s'inscrivent durablement dans les réseaux synaptiques encore plastiques du cerveau. Elles forment la logique  familiale, socio-naturelle, qui deviendra  familière de la pensée Elles mettent en scène les imagos des figures principales des mythes: la mère, le père, l'autre et, sous l'influence de la socio-genèse  leurs rapports interindividuels, qu'ils soient bienfaisants ou hostiles, complémentaires ou conflictuels, bref, une syntaxique mythique qui se dessine au gré des premières émotions, peurs et désirs et qu'on retrouvera toujours dans les récits mythiques oraux, puis écrits. Car ce sont ces figures matricielles d'origine biologique que les chamans déclineront dans des incarnations mythiques ; et ce sont les structures de leurs liens dans le carré parental qu’ils cisèleront dans les récits mythiques, selon les diversités géographiques, historiques et sociales, leur prêtant avec génie des détails et des complexités narratives dont seuls sont capables les créateurs, chefs religieux, poètes, philosophes et aujourd'hui cinéastes ou scientifiques.


mercredi, décembre 31, 2014

LE VIVANT : HISTOIRES – colloque les 7 et 8 janvier 2015, au CNAM de NANTES





Nos sociétés se posent avec acuité la question de leur relation au vivant, dont témoigne à profusion l’importance prise par les thèmes de l’écologie et de la biodiversité, la mise en place de comités d’éthique, la question de la vie (son origine, son évolution) elle-même. Ce rapport au vivant n’est pas dénué de toute dimension imaginaire et mythique.
Qu’en est-il de nos organisations et systèmes éducatifs : éprouvent-ils aujourd’hui le besoin de redonner toute sa place au vivant ? Quand le vivant n’est plus considéré comme une mine à exploiter mais comme un monde de coopération et d‘inspiration métabolique, confrontés que nous sommes aux systèmes de communication de masse et à la société digitale ? Qu’en est-il du vivant, quand se réinvente sous nos yeux notre relation au vivant ? Comme le souligne Yvon Pesqueux, « explorer les mondes inventés par les humains, c’est comprendre que tout monde est une société du risque… que les peurs des hommes sont propres aux mondes qu’ils inventent, que chaque monde a ses peurs ». Quelles logiques sont à l’oeuvre dans l’entreprise, l’université, la culture, lorsque chaque secteur estime ses choix rationnels et ceux des autres mondes irrationnels ?
C’est de cette problématique résolument transdisciplinaire et internationale que devrait rendre compte ce colloque organisé par le Cnam Pays de la Loire et présidé par le professeur Yvon Pesqueux, socio économiste.


Conservatoire National des Arts et Métiers des Pays de la Loire.                                
            Utopia (ONG).
Colloque « Le Vivant : histoires »,
au CNAM de Nantes, 25 boulevard Guy Mollet.
Les 7 et 8 janvier 2015.
Président : Professeur Yvon Pesqueux (CNAM).
Programme.
Mercredi 7 Janvier 2015.
9h : accueil des intervenants et du public. (Amphithéâtre)
9h30 : ouverture officielle par le directeur régional du CNAM, Yannick Lefeuvre, et les représentants des autorités locales et partenaires universitaires.
10h-12h30 : conférences inaugurales.
Yvon Pesqueux,  professeur au CNAM, président du colloque : le cycle de vie et le statut de la métaphore organique.
Martin Aurell, de l’Institut Universitaire de France, professeur à l’Université de  Poitiers directeur des Cahiers de Civilisation médiévale : les vivants et les morts  dans la civilisation médiévale.
Débat.
Déjeuner.
14-18h. Mythes, imaginaire et sacré.
Président des séances: professeur Jean Marie Brohm
14h-15h30. Atelier

Divinisation du vivant et fantasme d’auto-engendrement, François Dingremont, directeur de recherches, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Mythanalyse du vivant, Hervé Fischer, mythanalyste, sociologue de la Culture, Université René Descartes Paris 5.

Le Vivant et  le sacré, Georges Bertin, socio-anthropologue, directeur de recherches au CNAM des Pays de  la Loire.

Débat.
Pause
16h-18h00. Atelier
La mort vive dans le mythe d’Héraklés, Franck Vialle, maître de conférences HDR .en Sciences de l’Education, Université de Pau et laboratoire EXPERICE.

La vie c’est une question d’espacement, Rita di Barnaba, linguiste, Université de La Sapienza- Roma,  Professeure à l’Ecole « Chantemerle », Suisse.

Le devenir objet du vivant et réciproquement, Marianne Celka, Montpellier, sociologue, chercheure au Laboratoire de recherches socio-anthropologiques, Université de Montpellier 3.

Débat.
Visite des expositions et posters.

Buffet convivial.

Jeudi 8 Janvier 2015.

9h-12h30, Histoires ...
Plénière. (Amphithéâtre).
Présentation du Film « Né pour apprendre » d’ Hélène Trocmé-Fabre.
Le Vivant  et nous, Hélène Trocmé-Fabre et la pédagogie du Vivant, ou le langage du vivant, une voie, une voix en sommeil,  Joëlle Aden, professeur des Universités, Université du Maine.
Débat.
Pause.

10h30-12h30, Atelier. (Salle Vincent Merle).
Présidente de séance : professeur  Fiorenza Gamba.
Comprendre la relation au vivant, l’émergence de l’idée d’environnement au 19e siècle, Valérie Chansigaud, historienne de l’environnement, CNRS, UMR 7219, laboratoire SPHERE.
Le vivant dans les sciences contemporaines, d'Alfred North Whitehead à Rupert Sheldrake, de David Bohm à Vandana Shiva. Eléments pour une réactivation de la philosophie de la nature, Mohamed Taleb,  philosophe, professeur à l’Ecole Supérieure en Education sociale (Lausanne).

Les conceptions du vivant chez Simmel et Michel Henry, Jean-Marie Brohm, sociologue, professeur émérite de l’Université de Montpellier 3, directeur de la revue Prétentaine.
Débat.                                                                                   Déjeuner.

Atelier 1
14h-18h, Mutations sociales, images et imageries. (Salle Dubigeon )
Président des séances : professeur Mohamed Taleb (Université de Lausanne)
14h-15h30
La biodiversité du vivant, vers une nouvelle crise ? Patrick Gillet, professeur d’écologie à l'Institut de Biologie et d'Ecologie Appliquée, UCO. Equipe de recherche Mer, Molécules, Santé, EA 2160.
Le vivant et l’artefact : Est-il absurde, pour l’être humain, de chercher à communiquer avec les machines ? Yves CHEVALIER, professeur émérite des universités, Université européenne de Bretagne, Bretagne-Sud.
Le corps et l’imaginaire/animal, milieu du politique, Philippe de Boissezon, chercheur en Sciences de l’Education, Université de Pau, laboratoire EXPERICE.
Débat.
Pause
16h-16h30 : poster de M-C Fave (Ecole vétérinaire):
Vivre avec le monde vivant, animaux et plantes sauvages, des alliés pour l’homme
16h30-18h.
Des quelques formes de permanence numérique du vivant. Réflexions d’anthropologie de l’immortalité. Fiorenza Gamba,  professeure agrégée de Sociologie de la Culture à la Faculté de Sciences « Politiques, Sociologie, Communication » de l’Université Sapienza de Rome.
De la peur à la résilience, Marie Thérèse Neuilly, MCF des Universités à Nantes, expert UNESCO, sociologue.

Peut-on rêver la société autrement qu’en logique normative ? François Simonet, Université de Pau et laboratoire EXPERICE.Fondements des outils de gestion et compréhension du vivant, Denis Lebey, ingénieur CNAM.
Débat.


Atelier 2.
14h-18h La place du vivant : personne et éducation. (Salle Vincent Merle).
Président des séances : Franck Vialle, Université de Pau.

14h-15h30, psychologie, psychanalyse.

Les âges de la vie comme condition du vivant. Régénérations intergénérationnelles, histoires généalogiques et biographiques, âges chronologiques et subjectifs, Christian Heslon, directeur IPSA UCO Angers, psychologue.

La prise du Vivant dans le langage, Rajaa Stitou, MCF- HDR à l'Université Montpellier 3 Psychanalyste, laboratoire LPCLS, Aix Marseille.

Histoire de vie, histoire d’en vie.  Martine Lani Bayle, professeur en Sciences de l’Education à l’Université de Nantes, directrice de la revue Chemins de Formation.

16h-16h30 : poster de M-C Fave (Ecole vétérinaire) :
Vivre avec le monde vivant, animaux et plantes sauvages, des alliés pour l’homme

16h30-18h. Education.
Quelles représentations du vivant dans les programmes scolaires, une comparaison France /Québec, Sandrine de Montgolfier (Université de Créteil), Marie Claude Bernard Université Laval, Québec)), Catherine Simard (Université du Québec à Rimouski), Michèle dell’ Angelo UMR STEF/ENS Cachan).

 Enseignements relatifs au vivant, regards sur les missions des enseignants en France et au Québec, Gishlain Samson (Université du Québec à Trois Rivières), Catherine Simard (Université du Québec à Rimouski), Michèle dell’ Angelo UMR STEF/ENS Cachan).

Conceptualisation du vivant dans l’enseignement de la biologie, Pr Marie-Claude Bernard, Université Laval, Québec.


18h-18h30 : conclusions, Yvon Pesqueux et Georges Bertin. (Amphithéâtre).




LIBRAIRIE.

samedi, décembre 27, 2014

Séminaire Éthiques de la création et mythanalyse: enregistrements vidéo



Chers amis,

Les enregistrements vidéos du séminaire « Ethiques de la création » du 5 décembre dernier sont disponibles. Ils sont en ligne sur le site d’Innovaxiom 

Ces vidéos sont également hébergées sur ma chaîne YouTube http://www.youtube.com/user/HonnoratLh

N’hésitez pas à les diffuser. Leur contenu en intéressera plus d’un. Un grand bravo à Sylvie pour l’organisation ainsi qu’aux brillants intervenants - dont elle fait aussi partie. 

Je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes. A très bientôt pour de nouvelles et pétillantes cogitations,

Laurence

Laurence Honnorat

Innovaxiom
Science, technologie, créativité

97 boulevard Saint-Michel 
75005 Paris - France

Phone +33 9 82 34 24 95




jeudi, décembre 25, 2014

L'Homme est redevenu le centre de l'univers

tweet art

Après Copernic et Galilée, retour à la case départ. La métaphysique numérique de la science contemporaine renverse symboliquement la révolution copernicienne qui initie une cosmogonie réaliste en Occident. L'Homme n'est plus l'étranger apparu par un hasard improbable dans un univers indifférent. Il est à nouveau la mesure de toute chose, l'illusionniste, le fabulateur de toutes les fictions. Nous vivons désormais dans un monde mythique.

mercredi, décembre 24, 2014

Vibrations numériques


Edition François Bourin, Paris, novembre 2014


1.     L’âge du numérique                                            7
2.     Puissance mythique                                           17
3.     Le mythe amniotique du numérique                  23
4.     Le mythe d’une hyperhumanité                         47
5.     Le mythe de l’intelligence collective                  67
6.     Psyché numérique                                              89
7.     Le mythe du numérisme                                   107
8.     Mythe de la puissance numérique                    129
9.     Effervescence magique                                     173

     Conclusion : Mythanalyse du numérique              295

Ma poche couine, ma main sonne, la table vibre, mon oreille résonne: ce sont les messages et les courriels, les alarmes et les tweets qui rentrent, qui me rejoignent, m’excitent, me stimulent ou me harcèlent et m’obsèdent constamment. Mon style de vie a changé depuis que j’ai un téléphone intelligent. L’âge du numérique qui émerge est plus puissant que l’âge du feu. Mais aussi plus humain. Il réactive nos mythes les plus profonds et nous aspire dans la magie de ses mondes virtuels. Face à la vieille réalité, sommes-nous des cyber–primitifs heureux? L’auteur propose une mythanalyse de nos emballements numériques et de ce qu’ils modifient en profondeur dans la société et dans nos manières de penser. Une exploration envoûtante.