tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel, mais il faut savoir choisir ses fabulations et éviter les hallucinations.

samedi, février 11, 2012

Pharmacopée des imaginaires sociaux


De loin préférables aux pilules psychanalytiques.

vendredi, février 10, 2012

Psychanalyse


Pilules défoulantes, inversantes, renversantes, toxiques chez la plupart des patients, à ne pas prescrire dans les cas graves.

samedi, février 04, 2012

Pour les mythes du futur


OMEGA 3 favorisant la divergence évolutionniste.

vendredi, février 03, 2012

La plus vieille pharmacie du monde


La Pharmacie Fischer vous recommande d'user avec modération des pilules pour croire.

mercredi, février 01, 2012

la planète des femmes


Tout un changement de mythe à venir.

dimanche, janvier 22, 2012

La cigarette et le tweet

Que nous dit la mythanalyse de la cigarette? Qu'elle a été le têtage social de l'homme virilement branché pendant deux ou trois générations. Aujourd'hui que nous dit la mythanalyse de la tweetomanie? Qu'elle remplace la cigarette de l'adulte nerveusement branché qui tête le sein de la société. Même dépendance. Même goudron? Même nicotine? Mêmes accidents cardiovasculaires?
Il y a une demande d'affection frustrée dans la cigarette, comme dans le tweet.

vendredi, janvier 20, 2012

Commerçant ou Héros


Christian Gatard, le mythanalyste de Nos vingt prochaines années - 2010-2030, le futur décrypté, démontre un art consommé pour naviguer sur nos tendances, quels qu'en puissent être l'apparent chaos et les subtilités paradoxales. Il y met de l'ordre, il articule nos fantasmes collectifs les plus insaisissables. Sa méthode "buissonnière" l'outille pour s'y retrouver et nous guider dans les méandres de l'apparente perte de sens où nous nous agitons à tâtons. C'est ce qu'il appelle les Tribulations du moi. J'aime beaucoup le lire et y butiner à mon tour dans son art de vivre, dont il nous livre dans un ordre tantôt alphabétique, tantôt logique, les grands chapitres: manger, boire, dormir, faire du sport, l'ordre et le désordre amoureux, les règles du jeu, communiquer et être ensemble, travailler, habiter, vivre en ville, se vêtir, se déguiser, se protéger, vieillir et mourir, le corps, nos inquiétudes. Il aborde les nouveaux paradigmes, ceux de la mobilité, de nos utopies, de nos grandes tendances (les lignes de haute tension), dont il souligne six paradoxes, les nuages et les carrefours. Il termine par des mappings synthétiques (ce qu'il appelle des mantras portatifs) des tendances fortes qui vont structurer nos vingt prochaines années.
Un livre remarquablement bien organisé, d'une grande maturité, un vade-mecum pour notre futur-présent.
Au-delà de cette présentation d'ensemble, qui nous offre une table d'orientation collective, chacun y trouvera l'occasion de s'interroger sur lui-même, sur son contexte rapproché, sur les valeurs qu'il a choisies, sur le chemin qu'il suit, ou mieux: qu'il construit.
Le narcissisme de chacun aidant, je me suis vu dans ce miroir gatardien plus d'une fois. En voici un exemple (je cite, page 229): Pour rester dans le cercle social, on est obligé aujourd'hui d'avoir une "vie publique". On est ainsi poussé à élaborer une sorte de marketing de soi. Peut-être est-ce là ce qui change vraiment: de nos jours, chacun veut devenir "une marque", alors qu'autrefois il s'agissait de devenir (ou non) un héros. Me voilà interpellé. Nous observons que la plupart des artistes veulent devenir une marque bien identifiable pour se vendre mieux. Le respect humain m'incite à ne citer aucun nom parmi les artistes actuels: ce sont bien sûr les plus connus, c'est-à-dire, sauf exception, ceux qui vendent cher - et qui soignent la continuité d'un style qui devient une marque de grande visibilité. Es-ce évitable? Quelques-uns réussissent tout en variant leurs médias, leurs thèmes, leurs styles. Il faut le noter. Et ils ne sont pas nécessairement moins obsessifs - une valeur déclarée en art - que les autres qui se répètent inlassablement pour promouvoir leurs marque personnelle (leur style).
L'art pousse aux marques dans le système commercial et de vedettariat médiatique actuel.
Le philosophe, quant à lui, ne saurait cultiver sa marque. Il doit remettre en question, interroger, déconstruire, oser transgresser les lieux communs de la pensée dominante. Grand, il ne peut devenir qu'un héros, mais qui ne doit pas prétendre en être un. Ce serait d'une arrogance inacceptable, qui le décrédibiliserait immédiatement. Ni marque, ni héros social. Mais héros dans sa vie secrète, intérieure, oui. Car le philosophe est conscient de l'extrême lucidité qu'il recherche, qu'il atteint parfois et qui le distingue. Il se sait héros intimement qu'il ne saurait se dire publiquement. Et il sait aussi qu'il ne faut pas s'y arrêter, que le concept de héros est une boursouflure illusoire, il sait qu'il ne risque pas sa vie. Ce philosophe là sait qu'il n'est qu'un animal qui pense. Il ne se jette pas dans le Niagara pour sauver un enfant qui y a glissé en jouant. Sa joie est toute intérieure, c'est sa lucidité qui la lui donne par instants. Ce n'est pas la reconnaissance sociale, même s'il faudrait être d'un orgueil haïssable pour la mépriser. Les Grecs et les Romains, et ceux qui les fréquentent dans leurs lectures, savent que ce mythe du héros est une construction sociale qu'aiment secréter les foules, que nourrissent les orgueils abusifs. Mais que la simplicité est la vertu du sage, qui sait chaque jour reconnaître les limites de ce qu'il peut penser, faire ou dire, tant dans sa vie privée et intime, que publique.
Il y a aussi l'homme ordinaire, communautaire qui partage activement l'espace social, rural, professionnel ou aujourd'hui celui des médias sociaux, dont Christian Gatard parle dans son "art de vivre". Et il y a le rêve de chacun de nous, les forts ou les privilégiés, de sortir la tête de la masse, de construire sa lucidité et sa liberté, voire sa divergence. Apparemment un privilège biologique du mammifère humain.
_____________

* Editions Archipel, Paris, 2009.

mardi, janvier 17, 2012

Christian Gatard


Je découvre le livre de Christian Gatard, mythanalyse français que je ne connaissais pas, auteur notamment de "Nos 20 prochaines années - 2010-2030 - Le futur décrypté"*, qui est un ouvrage très riche en réflexions sur les mythes actuels de notre société. Adepte de la "pensée buissonnière", Christian Gatard est le fondateur de Gatard associé, Institut de recherches en marketing, communication et psychologie de la consommation. Sociologue de formation, il a parcouru le monde et nous livre des réflexions, analyses et observations finement pertinentes sur notre imaginaire social contemporain.
Il pense comme moi que nous sommes aussi soumis aux mythes que les Grecs, les Égyptiens ou les Romains de jadis, sans en être conscient. Il souligne comme moi que même si nous ne saurions échapper à cette dimension imaginaire de notre condition humaine, nous construisons notre imaginaire et que nous pouvons choisir nos mythes, bons, désirables ou destructeurs. Son livre fourmille d'exemples significatifs et de commentaires aussi provocateurs que pertinents. Une belle rencontre! Et j'y reviendrai.
Il va donner une conférence le 4 février prochain au Théâtre de la Gaîté lyrique à Paris sur la prospective du futur.
*Edition L'Archipel, Paris, 2009. Une maison d'édition fondée et dirigée par Jean-Daniel Belfond.

mercredi, janvier 04, 2012

Chacun de nous est un dieu


Chacun de nous est un dieu, une déesse, puissant ou faible, triste ou joyeux. Chacun de nous est un dieu qui se crée. Chacun de nous est un dieu qui souffre ou qui rayonne, responsable de lui-même et des autres. Chaque oiseau, chaque chat, chaque arbre, chaque roche, chaque herbe est un dieu qui se crée, qui naît, qui vit, qui meurt. Les Grecs ont vu juste. Hölderlin, Goethe Nietzsche ont réveillé la pensée grecque. Je suis un dieu qui s'éveille et qui s'endort, qui rêve et qui crée, qui gagne ou qui perd les petites et les grandes batailles de la vie.
Chacun de nous est un dieu, dès qu'il en prend conscience.

vendredi, décembre 30, 2011

La plus importante question de notre temps


Dans le couple matière/énergie, c'est l'énergie qui domine, même si nous avons plus de facilité à parler de matière - qui semble être au repos - et même de matérialisme pour nous opposer à toute idée de transcendance religieuse ou idéaliste. Je ne devrais pas me déclarer matérialiste athée, mais énergétiste athée. Le mot semble laid, même s'il est beaucoup plus pertinent que "matérialiste". La matière n'est que de l'énergie au repos, ou plutôt en équilibre éphémère. Car il n'y a pas de repos dans l'univers. Les atomesz vibrent et tournent sans cesse. C'est le mouvement perpétuel.
Pourquoi avons-nous traditionnellement survalorisé l'espace et la matière, plutôt que le temps et l'énergie. Parce qu'ils sont d'apparence plus saisissable, bien sûr; parce qu'ils nous font moins peur. Parce que le temps et l'énergie échappent à notre contrôle, nous défient, nous angoissent. Ils peuvent éventuellement apporter le progrès, certes, mais nous craignons l'inconnu, même quand nous souffrons de notre état présent.Nous craignons notre mort, notre dissolution dans l'énergie.
A l'Âge du numérique, il semble bien pourtant que nous allons devoir nous adapter à la domination de l'énergie et du temps. Comment serons-nous capables de nous en rendre maître et possesseur, comme jadis de l'espace et de la matière? C'est la question fondamentale de notre nouvelle époque. La question la plus importante à laquelle nous sommes confrontés. Un terrible défi pour CyberProméthée.

vendredi, décembre 23, 2011

Mythanalyse de la divergence


La répétition du même: voilà ce que refuse et brise la divergence. Elle casse la pensée linéaire, le refrain de la causalité. Elle papillonne dans l'arabesque. Elle regarde de tous côtés, dans l'apesanteur. Elle s'aventure dans l'incertain. Et elle risque l'affirmation transgressive.
Elle est résistance au pouvoir et à l'autorité. Elle est délinquante. Elle est suraffirmation de liberté. Elle est la création. Et elle en assume le vertige fondateur. Elle est mythe du fils, de l'autre, du vagabond contre le mythe du père. Elle brise le monument. Et elle en lance les éclats dans un geste créatif recommencé.
Elle picote Sisyphe, elle le bouscule lorsqu'il remet sa charge sur ses épaules, pour qu'il essaie un autre sentier d'escalade que les matins précédents.

dimanche, novembre 27, 2011

Le cinéma et les jeux vidéos sont des drogues socialement acceptables


Il n'y a pas que les champignons, la magie et la religion qui soient des drogues. Le cinéma, comme les jeux vidéos, sont aussi des drogues, socialement acceptables, qui nous divertissent de l'ordinaire vie quotidienne. Au cinéma, nous entrons dans le noir pour sortir de la grisaille. Au cinéma, la drogue nous soumet passivement. Avec les jeux nous devenons hyperactifs et nous excitons sur des consoles.
Ce sont des drogues visuelles, comme la plupart des drogues. Elles nous permettent de nous projeter dans d'autres univers, dans les vies d'autres personnes. Nous y jouissons d'émotions différentes. Ce sont des drogues douces, mais qui peuvent devenir dures. Nous y vivons des good and bad trips. Le retour à la réalité est parfois bancale.
Ce sont des drogues désirables, voire socialement nécessaires. Elles ne sont pas chères et se vendent bien. Mais nous devenons des consommateurs exigeants. Les réalisateurs sont en compétition. Il y en a que nous aimons beaucoup plus que d'autres. Le marché se renouvelle. Chaque prise de drogue est différente. Et nous en devenons dépendants, mais sans trop d'effets secondaires pervers. Les drogues sont un art. Les arts sont une drogue.
Pourquoi fuyons-nous ainsi dans un ailleurs? La réalité est-elle plus forte que nous? Notre impuissance y est-elle trop frustrante? Ce sont plutôt la répétition et l'ennui qui en résulte qui nous déçoivent. Les autres animaux ne semblent pas ressentir cette lassitude de la répétition. Lorsque se dressent des défis, lorsque la vie devient très difficile, elle ne nous ennuie plus. L'instinct de puissance en nous se réactive pour faire face. Dans les jeux vidéo, CyberProméthée s'exalte. Au cinéma, ce sont plutôt Dieu et le Diable. Ces trois figures, Prométhée, Dieu et le Diable sont nos trois grandes drogues occidentales.

vendredi, novembre 25, 2011

Le Diable et Prométhée


Prométhée et le Diable, ce sont les deux figures fondatrices de la conscience occidentale. Tous deux nous ont invités à prendre notre destinée en main, en nous offrant la conscience. Dans la mythologie grecque, c'est le feu, volé à Zeus, que Prométhée nous donne, qui symbolise la connaissance. Dans la Bible, c'est la pomme dans laquelle Adam et Ève mordent, à l'invite du Diable, qui leur donne la conscience. Mais au-delà, les deux mythes sont opposés. Dans la Bible, c'est Dieu qui domine l'Homme, qui le chasse du Paradis terrestre, et qui le punit en le condamnant à travailler pour vivre. Dans le mythe grecque, c'est l'homme qui vainc Zeus, et qui s'engage glorieusement à changer le monde grâce à la maîtrise du feu. La Bible nous condamne à la soumission. Le mythe grec nous libère de la soumission.
Les deux récits fondateurs s'opposent. Et de la naît toute l'ambiguïté, mais aussi la puissance de l'Occident. Notre histoire se présente comme une tentative constante de concilier ces deux visions.
Aujourd'hui même, nous retrouvons ces deux mythes fondateurs dans les deux industries du cinéma et des jeux vidéos. Le cinéma opère sous le regard de Dieu. Les jeux vidéos dans la main de Prométhée. Le cinéma est biblique, le jeu vidéo est grec.
Le cinéma développe des récits, avec une dimension psychologique et des implications morales. Beaucoup de films jouent sur l'émotion et aimeraient nous faire pleurer. Nous y assistons passivement, sans pouvoir changer l'histoire. Les films sont souvent doloristes et fatalistes, comme le catholicisme et la Bible.
Inversement les jeux vidéo se passent facilement de scénarios.Ils nous proposent plutôt de vaincre les méchants et de gagner. Nous offrant l'interactivité, ils nous invitent à l'action. L'issue dépendra de nous. Ils ne jouent pas dans le registre psychologique, ni dans la mauvaise conscience. Ils roulent les mécaniques. Ludiques, ils nous proposent des moments joyeux. Même lorsque nous perdons, ce n'est pas bien grave. On peut recommencer la partie. Rien de tel dans la vie, ni dans le cinéma.
Dans le cinéma, le Diable est présent. Le mal et le bien nous dominent. Nous perdons. Les jeux vidéo, au contraire, sont d'inspiration grecque. Nous vainquons les démons. Pas de mauvaise conscience. Le mal est là pour que nous le dominions. Nous tuons les dragons. Nous décidons de notre sort à chaque instant. Nous gagnons.
On nous parle aujourd'hui de plus en plus de convergence entre le cinéma et les jeux vidéo. Mais il ne s'agit pas seulement d'un défi technologique. Les différences sont beaucoup plus profondes, au niveau de l'imaginaire. La rencontre du Diable et de Prométhée, des deux mythes fondateurs de l'Occident, demeure improbable. Elle serait difficile à maîtriser.Je ne crois pas au film interactif, même avec des téléphones intelligents dans les mains des spectateurs. On explorerait mieux cette voie avec des jeux vidéos de qualité cinématographique (scénario, direction, qualité esthétique, etc.) Mais l'arrimage des mythologies grecque et biblique demeurera problématique. Ce sont les imaginaires qui ne ne convergent pas.

samedi, novembre 19, 2011

Étrange paradoxe


Le pragmatisme est un réalisme très limité, qui ne saurait vaincre l'imaginaire.

jeudi, novembre 17, 2011

Le CyberProméthée de Jacline Bussières


J'ai eu la surprise, à l'occasion d'une conférence que je donnais au Musée de la civilisation à Québec, de rencontrer Jacline Bussières, avec des photos d'un CyberProméthée en bronze, que lui a inspiré mon livre paru sous ce titre en 2003.
C'est une impressionnante sculpture, volontariste, iconique, qui affirme sa puissance brutale mais aussi sa doulour et comporte sa part d'ombre. Elle a deux faces, titanesque devant et cérébrale en arrière. Les lettres qui y sont gravées, dont le nom de CyberProméthée, évoquent notre pouvoir de création, d'abstraction, qui s'est traduit notamment par l'invention de l'alphabet phonétique, ancêtre des caractères mobiles de l'imprimerie de Gutenberg, puis du code binaire de l'informatique.
Les écrivains ont des lecteurs qu'ils ne connaissent pas. Je le regrette toujours. Voilà donc une belle rencontre.
La figure de CyberProméthée est plus actuelle que jamais. Ce Titan, qui créa, selon la légende, les hommes à partir d'eau et de terre - comme le dieu de la Bible - , puis leur donna le feu de la connaissance et de la fabrication après l'avoir volé à Zeus, symbolise la victoire des hommes sur Zeus, à l'inverse de la Bible, qui relate le bannissement d'Adam et Ève, et leur soumission à Dieu. Prométhée célèbre le travail, tandis que pour Adam et Ève, la nécessité de travailler à la sueur de leur front est une malédiction. Deux mythes qui s'opposent diamétralement, mais qui ont coexisté dans la civilisation occidentale. Résultat ironique: les aristocrates se targuèrent de ne pas travailler et d'avoir de l'argent grâce à leur naissance supérieure, tandis que les serfs et le peuple étaient condamnés au labeur. La bourgeoisie le fut aussi. Mais lorsqu'elle adopta la Réforme pour s'opposer à la religion catholique d'État, elle devint vite plus riche que l'aristocratie, car le protestantisme identifiait travail et piété, comme l'a souligné Max Weber.
Les mythes sont récupérés idéologiquement et politiquement pour le meilleur et pour le pire.

mercredi, novembre 16, 2011

Les grands récits mythiques


Les mythes nous immergent dans de grands récits cosmogoniques, que ce soient des mythologies animistes, polythéistes ou monothéistes. L'occident moderne a bâti son récit sur le Big Bang, qui se présente comme la création de notre univers. Ce récit scientifique est lié dans notre constellation mythique à la théorie darwiniste de l'évolution, ainsi qu'à l'épopée hégélienne de l'avènement chaotique de la Raison, donc du Progrès, qui s'annoncent comme notre futur accomplissement humain.

vendredi, novembre 04, 2011

Il n'y a pas de progrès en art


L'art véhicule les mythes. Il peut être aussi un interrogateur de mythes, un démystificateur. C'est le choix qui a fondé l'art sociologique dès le début des années 1970. Ce que j'appelais "l'hygiène de l'art", en est l'exemple. J'ai insisté dans cette démarche avec les panneaux de signalisation imaginaire "Art! Avez-vous quelque chose à déclarer?", et avec "La déchirure des oeuvres d'art".
En choisissant de reprendre les contre-empreintes de main des peintures préhistoriques sur mes toiles, je soulignais qu'il n'y a pas de progrès en art. Le mythe du progrès est étranger à l'art. Et c'est une erreur des arts numériques que de condamner les beaux-arts en les déclarant obsolètes au nom du progrès de la technologie.

jeudi, novembre 03, 2011

L'ombre


Il n'y avait pas d'ombre dans la peinture iconique du Moyen-Age. La symbolique de la noirceur renvoyait au diable. L'Église nous tournait vers la lumière divine. C'est la Renaissance qui l'a prise en compte dans son exploration du réalisme pictural. Pour autant, la représentation de l'ombre n'a pas depuis perdu cette symbolique. Le rationalisme aussi veut y "voir clair".
Sur ce tumulus ancien des autochtones américains à Marietta (Ohio), l'ombre portée de l'artiste s'incline et s'allonge la terre en descendant les marches de l'escalier. Une émotion le saisit, celle du compte à rebours qui l'entraînera dans la mort. (2010). L'imaginaire est plein d'ombres. Il est hanté par l'ombre.
L'ombre le regarde. Mais ce regard en pongée semble aussi se relever et se dresser vers son destin, vers une marche de lumière.
Voilà une image de l'homme bien différente, dans sa fragilité et dans sa force, du héros homardisé des images numériques que j'évoquais hier.

mercredi, novembre 02, 2011

le mythe de l’humanoïde homardisé


La science fiction, que ce soit dans les films, les jeux vidéo ou la bande dessinée, réactivent des monstres moyenâgeux aux cuirasses de homard. Cherchant à évoquer le futur, les créateurs reprennent toutes les formes les plus archaïques de notre imaginaire: animaux chimériques mêlant les organes de diverses espèces - queues, cornes, ailes, griffes et palmes, poil et écaille -, guerriers cuirassés, indigènes primitifs et bêtes hybrides de chair vive et de quincailleries vieillottes - tubes, gaines, boîtiers, engrenages, leviers, rotules, pistons et j'en passe.
Il semble bien difficile d'inventer un avenir inédit et faute de mieux on rafistole. Il est vrai que les réseaux numériques et les algorithmes sont invisibles et difficiles à représenter. Les univers qui se situent au-delà de la vitesse de la lumière échappent à nos sens aussi bien qu'à notre esprit.
La science-fiction est vieillotte et même archaïque. Notre imaginaire, pourtant, est obsédé par le futur!